650 km de sentier, des montagnes majestueuses aux rivières sauvages, des défis uniques à chaque tournant : c’est ce qui attend les aventurières intrépides sur le Sentier international des Appalaches (SIA). Cette expérience de randonnée en plein air promet d’être à la fois exaltante et exigeante, avec des paysages à couper le souffle. Chaque section du sentier a ses propres caractéristiques et défis, ce qui en fait un chemin emblématique pour les amateurs de trekking et de plein air. Je t’ai compilé une foire aux questions si tu as décidé de randonner sur le SIA.

 

Zoom sur l'article
Guide complet : randonner sur le sentier international des Appalaches

 

Présentation du Sentier International des Appalaches

Qu’est-ce que le SIA ?

 

 

Définition du SIA

Commençons par le commencement :

Le SIA, c’est le Sentier international des Appalaches en français. Tu peux aussi retrouver le sigle IAT (International Appalachian Trail) en anglais. Le sentier des Appalaches traverse les États-Unis de l’Est jusqu’au bout du monde en Gaspésie. Il s’étend sur environ 3500 kilomètres et traverse 14 États américains ainsi que 5 provinces canadiennes.

 

SIA Québec FAQ
John Brinda, un pionnier dans l’histoire du SIA

 

 

C’est l’un des sentiers de randonnée les plus longs et les plus anciens du monde. Les marcheurs peuvent parcourir des sections du sentier ou tenter de le traverser en entier, ce qui peut prendre plusieurs mois. Son frère, c’est le PCT (Pacific Crest Trail) à l’ouest des États-Unis.

Personnellement, j’ai choisi de réaliser la partie québécoise allant de Matapédia au bout du monde kilomètre 0 dans le parc Forillon

 

Où se trouve le SIA ?

650 km d’émerveillement et de galères en Gaspésie

 

Le SIA est un sentier qui traverse l’est de l’Amérique du Nord. Il s’étend sur environ 3 540 kilomètres à travers plusieurs États et provinces du Canada.

Dans cet article, c’est bel et bien la partie Québec qui relie Matapédia au parc Forillon (650 km) dont il est question.

Le SIA parcourt principalement la chaîne des Appalaches, une série de montagnes qui s’étale du nord de l’Alabama aux États-Unis jusqu’au sud du Québec, au Canada.

Il traverse ainsi des États américains comme la Géorgie, la Caroline du Nord, le Tennessee, la Virginie, la Pennsylvanie, le Vermont, le New Hampshire et le Maine. Au Canada, il passe par des provinces telles que le Nouveau-Brunswick, le Québec et Terre-Neuve-et-Labrador.

 

Parc National de la Gaspésie

 

Les 5 étapes du SIA

1. Vallée de la Matapédia : kilomètres 650

SIA Québec FAQ

Le SIA débute à Matapédia, une petite ville située près de la frontière du Nouveau-Brunswick. Tu commenceras par 4 journées assez éprouvantes, mais avec en prime de somptueux paysages de forêts. Ensuite, en continuant cette aventure, tu traverseras Causapscal et découvriras toute l’histoire de la pêche au saumon. Les habitants sont très chaleureux dans cette section du sentier qui m’a plu par son authenticité. Dans cette première partie gaspésienne, tu auras la possibilité de manger au restaurant, de t’approvisionner dans de petites supérettes et même de goûter de délicieuses molles (glace au Québec). Le luxe comparé à ce qui t’attend ci-dessous, alors profites-en :).

 

2.  La réserve faunique de Matane

Ah la fameuse réserve faunique de Matane ! C’est sur cette section que tu rencontreras le sommet Nicol Albert. Les paysages sont boisés et les originaux règnent en maîtres des lieux. Cette portion est la plus difficile, notamment à cause du terrain et des montées abruptes. La réserve de Matane est estimée pour sa biodiversité, avec des opportunités rares d’observation de la faune : orignaux, ours noirs, cerfs et de nombreuses espèces d’oiseaux. C’est d’ailleurs un terrain de jeu pour les chasseurs très réputés au Québec.

 

3. Le parc National de la Gaspésie 

Une grande partie du SIA au Québec traverse le parc National de la Gaspésie, emblématique pour ses pics majestueux et ses paysages montagneux. Tu pourras y observer des caribous et profiter des monts Albert et Jacques-Cartier. Ce parc offre de belles découvertes tant au niveau de la faune (j’ai pu observer de très près des femelles orignaux, des renards et des castors) que de la flore (forêts d’épinettes, de sapins et de bouleaux ainsi que des prairies alpines). Ensuite, c’est direction les monts Chic-Chocs pour atteindre la côte, tant attendue. 

Le parc propose des installations d’hébergement, y compris des campings, des refuges et des chalets, offrant aux visiteurs la possibilité de passer la nuit en pleine nature.

 

4. La Côte-de-Gaspé

Après avoir traversé le parc national de la Gaspésie, tu descendras jusqu’au niveau de la mer : à Mont-Saint-Pierre : célèbre destination au Québec pour le parapente. C’est désormais le long de la grève que tu marcheras, parfois dans les villages, tantôt en pleine forêt. Les paysages côtiers offrent des vues magnifiques avec des falaises escarpées et des plages sauvages remarquables. La section est moins difficile que les précédentes et tu dénicheras de nombreuses épiceries en chemin. Par contre, j’ai trouvé qu’il y avait de nombreuses portions sur l’asphalte jusqu’à atteindre le parc national Forillon.

 

5. Le parc national Forillon : kilomètre 0

Le parc Forillon entame ou termine (selon ton choix de départ) le sentier de façon admirable. Tu pourras sur cette portion apercevoir des petits rorquals communs et des phoques du Saint-Laurent. Sur terre, tu profiteras de beaux points de vue donnant directement sur la pointe Forillon et tu auras l’occasion de contempler  des porcs-épics nichés dans les arbres. Enfin, tu découvriras ton dernier kilomètre jusqu’au point 0. Bonus : tu peux réserver un tour en kayak pour observer les phoques qui peuplent le Saint-Laurent avec l’agence Cap Aventure que je te recommande.

 

Kayak avec Cap Aventure pour observer les phoques

 

Guide : Randonner 650 km sur le SIA | Québec

Se préparer pour le trek du Sentier international des Appalaches 

Je te donne tous mes conseils pratiques dans cette rubrique pour pouvoir réaliser la randonnée du SIA. Ensuite, en poursuivant ta lecture, tu trouveras une FAQ (Foire aux Questions).

Se préparer correctement pour le SIA est essentiel pour assurer ta sécurité et ta réussite. Pour moi, la planification était aussi importante et motivante que de réaliser le trek en lui-même !  Je t’assure que l’organisation et la projection peuvent être tout aussi excitantes ! Surtout avec l’aventure du SIA : il faut être sur tous les fronts, planifier le ravitaillement, s’équiper convenablement, étudier le tracé, etc.

 

En route pour observer les caribous… au parc National de la Gaspésie

 

Rechercher des informations sur le SIA Québec

Tu peux facilement consulter le guide de plus de 300 pages entièrement dédié à la réalisation du SIA. On ne peut pas faire plus complet que ce guide ! (voir ressources en fin de chapitre pour télécharger le carnet).

 

Questions à se poser avant de partir

  1. Pour combien de jours je pars ?
  2. Combien de kilomètres vais-je devoir marcher chaque jour ?
  3. Avec quelle météo vais-je devoir dealer, quelles seront les températures en moyenne prévues ?
  4. Est-ce que je vais passer la nuit en tente ou plutôt en gîtes ?
  5. Combien de journées de nourriture devrais-je porter ?
  6. Où vais-je m’approvisionner ?
  7. Combien de litres d’eau vais-je pouvoir endosser au maximum ?
  8. Sur quel type de territoire vais-je me déplacer ?
  9. Quel est le dénivelé du terrain ?
  10. Suis-je seul ou en groupe ? Peut-on se partager l’équipement ?
  11. Pour plus d’informations : consulte www.tourdumonde.fr

 

Étudier les points de ravitaillements

 

Le SIA est un sentier qui se programme en amont, car tu auras des moments d’autonomie et tu devras prévoir tes points de ravitaillement. En somme, tu t’enverras tes colis de nourriture que tu récupéreras par la suite. 

 

La meilleure solution est de planifier ton futur itinéraire en prenant en considération ta condition physique et le temps que tu disposes pour réaliser des parties ou le SIA en entier.

Étudie aussi les positions d’eau que tu trouveras en chemin pour ne jamais être à court ! Et pense à acheter un filtre à eau avant de t’engager sur ce type de rando.

S’équiper avec du bon matériel technique

Équipe-toi avec du matériel de qualité. Tu as peut-être déjà tout ton matériel de prêt, car tu es un(e) trekkeur(e) confirmé(e). Sinon il faudra passer par la case « achat d’équipement » au moins les basiques : chaussures de treks ou rando, vêtements techniques, bâtons de marche, sac de couchage, sac à dos et tente.

 

Respecter les règles sur le sentier

 Le SIA est géré par des organisations bénévoles qui entretiennent et délimitent le sentier. Lire et prendre connaissance du guide du SIA te permettra de mieux comprendre le travail des Trails Angels, de t’imprégner du balisage et d’éviter les périodes plus compliquées comme la chasse au mois d’octobre au Québec.

 

Être en bonne condition physique

Le SIA est un sentier exigeant. Perso, je me suis lancée sans véritablement avoir une bonne condition physique — je pratiquais seulement un peu la course à pied et le ski à Québec pendant l’hiver.

Et… J’ai survécu !

Certes, il y a eu des passages qui étaient vraiment difficiles comme la réserve faunique de Matane, mais avec un bon mental, tu pourras y arriver. Bon, je te conseille tout de même d’avoir une vie active et une bonne condition sportive en partant marcher 650 KM. Avant de t’engager sur le sentier, tu peux par exemple exercer la randonnée, la course à pied, et la muscu pour renforcer tes muscles et travailler ton cardio.

 

Kilomètre 0

 

Se préparer aux éventuelles difficultés

Le SIA (en particulier) et voyager seul(e) comporte son lot de défis qui en feront une péripétie mémorable. Prépare-toi au maximum en t’inspirant de récits d’aventuriers qui ont accompli le SIA, envoi des mails à l’organisation pour éclaircir certaines questions que tu te poses ou demander l’état du terrain par exemple.

N’oublie pas que tu dois aussi apporter des cartes et une trousse à pharmacie pour randonner sur le sentier.

Ce qui offre une très belle transition au point suivant : 

 

Acheter des cartes à jour

Assure-toi d’avoir des cartes actualisées du sentier et apprends à les exploiter avant de partir sur le trek. Tu peux même suivre un mini cours d’orientation si tu veux progresser pour mieux te repérer en montagne.

 

Un GPS ou une boussole peut également être utile

 

Trekker seule sur le SIA

Pourquoi avoir la folle idée de marcher 650 km seule sur ce sentier du Québec ?

 

  1. Je voulais savoir si j’étais capable de réaliser 650 km avec un gros sac sur le dos par moi-même ;
  2. J’avais envie de changement et le fait d’avoir travaillé 1 mois cet été dans un bar à Québec et de rester debout 6 h par soir m’a fait beaucoup cogiter, j’occupais mon temps d’inactivité à imaginer ma prochaine expédition ;
  3. Je suis rapidement devenue passionnée par cette nouvelle aventure que je m’accordais ;
  4. Au début, c’était seulement pour observer les caribous, que je n’ai finalement pas vus ! Et partir 7 jours maximum, ça s’est vite transformé en la totalité du chemin, soit 650 km ;
  5. Parce que je suis quelqu’un de radical dans ma prise de décision. Un peu en mode « tout ou rien » ;
  6. Pour me reconnecter avec la nature et avec moi-même ;
  7. Pour tirer des conclusions et révélations sur mes deux années au Canada. Je ne voulais pas terminer mon expérience en travaillant 60 h par semaine, je souhaitais réaliser quelque chose de marquant ;
  8. Pour vivre le moment présent 
  9. Pour avoir encore plus d’histoires à raconter sur 999vies :) ;
  10. Pour rencontrer de nouvelles personnes avec des compétences et des chemins de vies différents du mien (ça n’a pas loupé !) ;
  11. Pour voir des orignaux, des baleines et des caribous, la faune et la flore typique du Québec/Canada ;
  12. Devenir plus fait, parce que 25 km par jour ça muscle mine de rien !
  13. Tester et gérer mes limites, j’en ai appris beaucoup sur moi ;
  14. Pour réaliser un film avec la GOPRO.

 

Du parc national de la Gaspésie jusqu’à la côte de Gaspé à pied : deux jours de marche

 

 

Se lancer seule sur le SIA : mes 16 conseils

Trekker en autonomie sur le Sentier international des Appalaches est une aventure passionnante, je peux te le certifier. Mais elle comporte des défis uniques à prendre en considération. Voici 16 conseils de bon sens pour te lancer seule sur le SIA :

  1. Écoute ton intuition : si tu ne le sens pas, ne pars pas ou change ton programme ;
  2. Surveiller la météo, surtout en montagne pour éviter les orages ;
  3. S’écouter pour ne pas TROP dépasser ses limites : c’est OK de faire seulement 10 kilomètres aujourd’hui ;
  4. Avoir un téléphone qui fonctionne et être joignable à tout moment ;
  5. Prévenir ses proches de son parcours, leur laisser une carte avec les étapes ;
  6. Donner des nouvelles aux bénévoles du SIA — ils pourront t’aider — même sur le chemin d’ailleurs ;
  7. Être ouverte aux rencontres pour cheminer avec elles et s’entraider ;
  8. Garder une carte en backup dans son sac à dos, de préférence plastifiée au cas où la batterie du téléphone se décharge (il ne faut jamais compter sur l’électronique…) ;
  9. S’alléger au maximum favorise les déplacements plus rapides et sans souffrances ;
  10. Avoir un sifflet sur soi pour avertir quelqu’un en cas de problème ;
  11. Garder en permanence tout son équipement de camping sur soi. C’est une très bonne solution de s’arrêter quand tu commences à ressentir de la fatigue. Tu n’as plus qu’à planter ta tente, car tout ce dont tu disposes est dans ton sac à dos ;
  12. Emporter toujours sa trousse à pharmacie avec soi ;
  13. Noter les numéros d’urgence du Canada ;
  14. Gérer convenablement sa nourriture de manière à en garder un minimum en cas de problème ;
  15. Respecter toujours l’environnement et les règles du SIA ;
  16. Nos pensées déterminent tout : avoir un bon mental c’est déjà quasiment tout le chemin du SIA accompli.

Trekker en autonomie sur le SIA est une expérience incroyable, mais elle comporte aussi des défis uniques à surmonter.

 

Camper seule sur le SIA

 

Camper seule sur le SIA est une expérience excitante que j’ai totalement découverte pendant ce trek. Une passion était née pour moi. Je te garantis que si tu aimes un peu les activités extérieures, tu ne pourras que ressentir un sentiment de liberté et d’indépendance en ayant ta maison sur le dos.

Je te conseille simplement de faire particulièrement attention à ces quelques points : 

  1. Suspens ta nourriture et ton dentifrice en hauteur par exemple aux branches d’un arbre. Cela évitera de rameuter les ours, mais aussi les terribles souris qui dévorent tout sur leur passage (expérience vécue) ;
  2. Ne reste pas trop loin du chemin en cas de soucis — ne t’éloigne pas seul(e) en hors-piste freestyle et essaye au maximum de rejoindre les abris pour dormir. Tu pourras d’ailleurs planter ta tente dans ceux-ci et rencontrer d’autres randonneurs ;
  3. Essaye de toujours camper près d’un point d’eau : utile pour cuisiner, te laver, etc. L’eau, c’est la vie.
  4. Respecte l’environnement : lorsque tu plies ta tente — l’emplacement doit être encore plus propre que quand tu es arrivé :) ;
  5. Ne laisse rien traîner en dehors de ta tente, range tout à l’intérieur pour éviter les problèmes ;
  6. Essaye de t’installer sur un tapis de feuilles ou un sol confortable et à l’abri du vent.

 

Étudier au préalable le guide aide à planifier ton tracé

 

 

Foire aux questions spéciales SIA 

C’est parti pour les questions — réponses spéciales Sentier internationales des Appalaches. Si tu as d’autres interrogations, tu peux me les poser dans les commentaires à la fin de l’article.

 

Combien de kilomètres pour accomplir la traversée du SIA Québec ?

650 km.

 

Combien de jours pour accomplir le SIA ?

Entre 30 et 50 jours selon ta condition physique et d’autres facteurs comme la météo, le temps de visite et de repos.

 

Dans quel sens faire le SIA ?

Les randonneurs parcourent généralement le SIA dans les deux sens, du nord au sud ou du sud au nord.

En reprenant tout le chemin des Appalaches, tu as le choix entre 2 options :

  1. Du nord au Sud (NOBO – Northbound) : Cette direction est la plus courante. Commencer au mont Katahdin dans le Maine et se diriger vers le sud signifie que tu commenceras par les tronçons les plus difficiles du sentier dans le Maine et le New Hampshire. Cela peut être un défi, mais tu auras des jambes plus aguerries et une meilleure condition physique au fur et à mesure de ta progression.
  2. Sud au Nord (SOBO – Southbound) : Cette direction est moins fréquente et considérée comme plus complexe en raison des montagnes abruptes et des conditions météo potentiellement plus sévères. Cependant, certains préfèrent ce sens pour des raisons de solitude et de paysages différents.

 

Pour le sentier international des Appalaches du Québec, le sens le plus commun est celui que j’ai choisi : démarrer de Matapédia au kilomètre 650 et terminer ce chemin à la borne 0 du bout du monde. Scénique !

 

Le bout du monde n’est plus qu’à quelques kilomètres !

 

 

Quelle est la meilleure saison pour randonner sur le SIA ?

Le printemps, l’été et l’automne. 

Le printemps offre des températures plus douces et une végétation luxuriante.

L’été permet de profiter de longues journées ensoleillées.

Tandis que l’automne offre des paysages poétiques avec les feuilles changeantes des arbres. 

L’hiver peut être difficile en raison de la neige et des températures plus froides, mais certains aventuriers recherchent également cette expérience hors des sentiers battus.

 

Sur la grève au parc Forillon

 

 

Est-il facile de réaliser les 650 km ? Est-ce pour tous les niveaux ?

La difficulté de réaliser une partie du SIA va dépendre de la section que tu choisiras.

Est-ce que tu vas réaliser cette marche en entier ou en tronçons ? Est-ce que tu as une bonne expérience en rando ? Quelle est ta condition physique actuelle ? Durant quelle saison vas-tu effectuer le SIA ?

Tous ces critères sont à prendre en compte pour évaluer la difficulté du trek.

Certaines sections du sentier sont plus faciles que d’autres, mais dans l’ensemble, le SIA peut être exigeant en raison de son terrain varié, de ses dénivelés importants et de ses changements climatiques fréquents. La pluie sera certainement de la partie rendant le sol boueux et peut-être même quelques orages en montagne (faire très attention).

 

Fenêtre sur le parc Forillon

 

 

Il faut le savoir avant de randonner sur le SIA : le terrain est avant tout TECHNIQUE et peut être glissant et difficile par moment. Les types de terrain seront différents tout au long que tu progresses sur le sentier : marécages, tourbières, sable, bois, racines, rivières à traverser, etc.

Les dénivelés aussi n’épargneront pas tes genoux et tes jambes. Sur le sentier, on n’atteint pas de hauts sommets, mais l’enchaînement des montées et descentes fatigue et frôle par moment l’exploit sportif.

Si tu dois choisir une section peu exigeante, je te recommande d’opter pour la côte de Gaspé, beaucoup moins exigeante que la réserve faunique de Matane : la plus difficile selon moi.

Donc, résumons de la partie la plus difficile à facile selon moi :

  1. Réserve faunique de Matane avec l’ascension du mont Nicol Albert
  2. Parc National de la Gaspésie avec des sentiers bien balisés, mais du dénivelé
  3. Vallée de la Matapédia (surtout au début ou à la fin du SIA selon dans quel ordre tu effectueras le trek)
  4. La côte de Gaspé
  5. Le parc national Forillon

 

 

Quelle est la partie la plus difficile du chemin ?

Sans hésiter : la réserve faunique de Matane. Pour 3 raisons : ses montées abruptes, son terrain peu praticable et l’absence de gîtes (seulement des emplacements en tente ou en abri sont disponibles dans la réserve).

Fais tes propres recherches pour évaluer la difficulté de chaque secteur, notamment à l’aide du guide du SIA.

 

La redoutable réserve faunique de Matane

 

 

Est-il facile de trouver de la nourriture sur ce sentier ?

 

Comme toujours, la présence de nourriture sur le SIA dépend de la section du sentier que tu parcours. 

  1. Ravitaillement en ville : Sur certaines parties du SIA, notamment la côte et Matapédia, tu auras l’occasion de faire des arrêts dans des villes ou des villages situés à proximité du sentier. Dans ces endroits, tu peux repérer des épiceries, des cafés et des restaurants — ô Graal ! Manger une glace après 10 jours de traversée en ne mangeant que des fruits secs… est une bénédiction des dieux.
  2. Zones isolées : Le SIA traverse également des zones plus isolées où l’accès à la nourriture peut être limité. Dans ces cas, tu devras transporter suffisamment de nourriture pour couvrir les tronçons plus longs entre les ravitaillements en ville. Cela signifie généralement porter un sac à dos plus lourd. Chouette, tu vas pouvoir expérimenter le trek en autonomie !
  3. Réapprovisionnement par la poste : Tu peux planifier tes envois de nourriture en avance à des points spécifiques du sentier. Cela nécessite une planification minutieuse en amont, mais cette technique est géniale, car tu seras indépendant tout au long de ta randonnée. N’oublie pas de te faire plaisir et de t’offrir un bon restaurant tout de même ! Enfin, sache que tu peux même livrer tes colis dans les bureaux des parcs nationaux.

 

Conseil : tu peux planifier ton approvisionnement par la poste en consultant le guide du SIA (voir plus bas)

 

Est-ce payant de randonner sur le SIA ?

 

Marcher sur le SIA est gratuit. Le sentier lui-même est une ressource publique et ouverte à tous les marcheurs, et il n’y a pas de frais d’accès pour la plupart de ses sections.

MAIS, il y a des coûts associés à la randonnée sur le SIA, tels que l’achat d’équipement, le transport pour y aller et revenir, la nourriture et enfin l’hébergement.

 

Le pass coûte 340 $ hors taxe pour profiter des installations créées par les bénévoles : abris et refuges tout au long du sentier.

 

Quel équipement emporter sur le SIA ?

 

Avant de partir sur le SIA : mon équipement

 

 

L’équipement pour le Sentier international des Appalaches (SIA) doit être soigneusement étudié pour faire face à différentes situations

  • Chaussures de randonnée ou de trekking : confortables et durables, adaptées au terrain varié des Appalaches. Selon mon expérience, plus ton sac à dos est lourd, plus tes chaussures doivent s’ancrer au sol type chaussures de rando. Les chaussures de treks sont pourtant plus légères et flexibles et font vraiment la job sur ce sentier.
  • Sac à dos : ni trop lourd ni trop petit. Si tu emportes une tente, un sac de couchage et tout le matériel pour trekker — je te conseille d’opter pour un sac à dos adapté à ta morphologie (se rendre directement en magasin pour faire un choix intelligent) de 50 à 60 L. Pour un 60 litres, cible entre 1,5 et 2 kilos maximum. Et pour le poids général, le plus léger sera le mieux.
  • Tente — ultralight si possible de moins d’un kilo et imperméable type MSR.
  • Un matelas de sol léger et autogonflant — très contente de mon Sea To Summit.
  • Sac de couchage 0 degré. Il fait vite froid en montagne et les températures descendent drastiquement en soirée. Je te conseille aussi d’emporter un liner (un drap de soie) qui ajoute quelques degrés fort appréciables pendant la nuit. J’ai vécu des nuits très froides sur ce sentier. Enfin, n’hésite pas à dormir avec un bonnet.
  • Vêtements techniques : prévoient des vêtements en couches pour faire face aux variations de température ainsi que des vêtements imperméables.
  • Cuisine de camping : Emporte des ustensiles de cuisine légers
  • Un filtre à eau (essentiel sur ce sentier). Il y a des endroits où tu ne trouveras pas de supérettes et tu n’auras que l’eau des lacs à disposition — assure-toi de la filtrer ou d’utiliser des capsules purifiantes avant de boire l’eau. Attention à ne pas être contaminé par le giardiase, parfois appelé « fièvre du castor ».
  • De la nourriture déshydratée, des barres de céréales et des graines. Le must pour bon nombre de randonneurs sur ce sentier : combo tortilla + beurre de cacahuète, muesli ou flocons d’avoine faciles à réhydrater et comportant un bon indice de satiété
  • Un réchaud et une bouteille à gaz pour être autonome partout en eau et nourriture
    Prévoir une ou deux gourdes légères selon leur capacité — « tu peux aussi opter pour un camelbak (une poche d’eau qui se fixe dans le sac relié à un tube)
  • Une trousse de premiers secours
  • Un petit kit de réparation : ruban adhésif, un kit de couture, et des outils multifonctions 
  • Munis-toi de cartes du sentier, d’une boussole et, si possible, d’un GPS pour » t’orienter. Tu peux te servir l’application Maps.Me, très utile en voyage et en trek. Le problème c’est que tu devras toujours t’assurer d’avoir de la batterie sur ton téléphone 👍.
  • Une batterie externe — pourquoi pas un panneau solaire qui se fixe sur ton sac à dos. Il faut qu’il y ait du soleil aussi pour ça :).
  • Une lampe frontale
  • Un couteau opinel ou Suisse
  • Un sifflet (pour signaler ta position et avertir les ours de ton passage — sisi véridique !)
  • Des sacs plastiques pour collecter tes déchets
  • Chapeau 
  • Lunettes de soleil
  • Des affaires de toilette
  • Des pinces à linge pour accrocher tes vêtements après lavage

 

Expérience perso — Au début du SIA, j’avais surchargé mon sac à dos d’objets superflus comme un appareil photo, un livre (!), etc. J’ai croisé un garde/bénévole/rangers du chemin. En discutant avec lui, on en est finalement convenu à un accord. Il l’a transporté et donné à une amie qui repartait vers la ville de Québec, ce qui m’a vraiment aidé pour terminer mon trek dans de meilleures conditions.

 

Ne te surcharge pas… Utilise la loi de Pareto avant de partir sur le sentier : quel objet je vais utiliser 20 % du temps et à contrario ceux que je vais vraiment avoir besoin à 80 % ? Le minimalisme est la clé.

 

Quel est l’objet indispensable à emmener pendant un trek ?

Ma réponse est… un filtre à eau. Ensuite, je pense à des cartes topographiques et une boussole pour te repérer en situation d’urgence ou tout simplement pour trouver un point d’eau.

Enfin, un téléphone est toujours très utile en rando ou en voyage.

 

Y a-t-il des animaux dangereux sur le chemin ?

Le Sentier international des Appalaches traverse une grande variété d’habitats naturels, et il est donc possible d’y rencontrer quelques bêtes sauvages 😉

 

1. L’Ours noir

Les ours noirs sont présents dans certaines régions du SIA. Il est recommandé de suspendre les sacs de nourriture loin du sol pour éviter d’attirer les ours. En cas de rencontre, reste calme, ne cours pas, parle doucement et recule lentement (et chante-lui une chanson !)

 

2. Orignaux et cerfs de Virginie

Ces grands herbivores sont généralement inoffensifs, mais les mâles peuvent devenir agressifs pendant la saison des amours. Donne-leur de l’espace et ne les provoque pas. Les orignaux, eux,  sont énormes et apparaissent le plus souvent à l’aube dans la brume (5 h du matin : la meilleure heure pour les apercevoir !).

 

3. Serpents

Tu pourrais rencontrer des serpents venimeux, comme des rattlesnakes, dans certaines régions de Gaspésie. Sois attentif quand et où tu marches puis tapes plusieurs fois sur le sol tout en t’éloignant si tu en aperçois pendant ta randonnée.

 

4. Tiques et mouches

Les tiques sont courantes au Québec et peuvent transmettre des maladies. Porte des vêtements longs, utilise un répulsif anti-tiques et protège-toi des mouches à chevreuil.

 

En général, le risque d’attaques d’animaux sauvages sur le SIA est faible, mais il est essentiel d’en être conscient. Informe-toi auprès des associations de sentiers et des guides locaux pour des renseignements pratiques sur la faune et la sécurité en randonnée.

 

De nombreux porcs-épics peuplent le parc national Forillon

 

 

Comment respecter l’environnement sur le SIA ?

Suis le principe du « Ne laisse pas de trace » en minimisant ton impact sur l’environnement.

5 mini conseils pour préserver l’écosystème sur le Sentier international des Appalaches :

  1. Reste sur les chemins balisés ;
  2. Emporte tous tes déchets dans un sac plastique ;
  3. Utilise des produits respectueux de l’environnement ;
  4. Campe dans les zones désignées ;
  5. Honore la faune et la flore.

 

Peut-on réaliser beaucoup de rencontres sur le SIA ?

Oui, tu peux faire de belles rencontres sur le SIA, surtout si tu pars en pleine saison. C’est l’un des sentiers de randonnée les plus populaires et emblématiques d’Amérique du Nord, attirant des randonneurs et des amateurs de plein air du monde entier. Tu pourras bien sûr croiser d’autres randonneurs avec la même idée que toi.

Vous avez déjà un point commun ! En cheminant de longues journées ensemble, c’est l’occasion de nouer des amitiés, d’échanger des conseils et des expériences. Tu pourras également prendre le temps de connaître les habitants de chaque lieu traversé ainsi que les Trails Angels (bénévoles) qui aident les randonneurs dans leur quête tout au long du sentier.

Les rencontres sur le SIA font définitivement partie de l’expérience de ce chemin, un peu à l’image de Compostelle, mais dix fois plus extrême ! Les marches au long cours favorisent la déconnexion et les rencontres. De nombreux marcheurs reviennent de cette expérience avec de nombreux souvenirs et des histoires très positives à partager.

 

Comment laver son linge sur le SIA ?

Bon… au début je ne pensais pas créer une sous-partie de cet article sur le linge, mais c’est une question que l’on m’a vraiment posée plusieurs fois !

Réponse… Il est possible de laver son linge pendant 40 jours de traversée et heureusement.

 

4 méthodes pour laver ton linge en trek

  1. Lavage à la main : C’est la méthode la plus courante pour laver le linge en randonnée. Remplis un seau, un sac étanche, ajoute du savon biodégradable conçu pour une utilisation en plein air, puis agite, frotte et rince tes vêtements à la main. 
  2. Lavage dans les rivières et les ruisseaux : Tu pourras lessiver tes vêtements ou carrément te débarbouiller directement dans des rivières ou des ruisseaux si tu uses du savon décomposable. Éloigne-toi des sources d’eau potable pour éviter toute contamination.
  3. Lavage en laverie : Lorsque tu passes par la ville, tu peux utiliser les laveries locales. C’est l’option la plus efficace pour récurer et sécher tes vêtements.
  4. Vêtements sans eau : Un autre choix est de recourir à des produits conçus pour nettoyer les habits sans eau, comme les lingettes spéciales pour le lavage en plein air. 

 

 

Où loger sur le SIA ?

 

Pas de panique, dormir sur le SIA est facile.

Tu peux acheter le passeport (en 2021) au prix de 340 $ C.-À-D. + taxes. Il te permet de profiter de toutes les plateformes aménagées par les bénévoles. C’est l’option que je te recommande, car la plus pratique et adaptée pour organiser ton SIA.

Si cette option ne te branche pas, tu peux aussi utiliser ta tente, réserver des hébergements de campings ou loger directement en ville si tu randonnes sur des sections habitées (Matapédia + cote Gaspé)

Exemples d’hébergements du guide du SIA

 

 

Quelles ressources me conseilles-tu pour organiser le SIA ?

Le guide du SIA

Guide du SIA : la bible !

Guide de 348 pages est une mine d’or vraiment précieuse pour élaborer ton trek :

  • Topographie ;
  • Estimation du temps de marche ;
  • Carte par secteurs ;
  • Portraits de trekkeurs ;
  • Lexique ;
  • Histoire du SIA ;
  • Géologie ;
  • Écologie : faune, flore et explications des réserves naturelles ;
  • Explications des parcs traversées et des monts ;
  • Toponymie ;
  • Cartes ;
  • Tous les hébergements regroupés dans une carte par secteur, type d’abri et nombre de places ;
  • Très important pour organiser ton trek : les temps de marche, le nombre de kilomètres et le dénivelé ;
  • Whats App et le Google Map de chaque hébergement par secteur ;
  • Images satellites ;
  • Tous les bureaux de poste avec leurs coordonnées pour organiser ton ravitaillement ;
  • Livres et blogs ressources ;
  • Numéros d’urgence en cas de besoin ;
  • Procédure de sauvetage.

 

Exemple de courbes de dénivelés du guide du SIA

Autres Ressources

Livre la traversée des écrivains — La Gaspésie par monts et par mots — 2020

Livre numérique Where the mountains meet the sea

Youtube : Cheminements, le sentier international des Appalaches avec mon chien/SIA IAT

 

Côte-de-Gaspé

Où joindre l’association du SIA ?

968, av. du Phare O., Matane, Québec, Canada, G4W 3N1

418 560-4642

http://sia-iat.com

 

Bonus : Le SIA ressemble à un jeu vidéo

 

Pendant cette longue marche de 650 kilomètres, j’ai trouvé fascinant le fait de marcher sur les traces des autres randonneurs. Je m’explique : à chaque fois que tu atteins un abri, tu peux consulter un cahier où les randonneurs écrivent leurs ressentis et émotions. Parfois, tu peux même trouver des objets laissés : bouteilles de gaz, nourriture, thés et autres objets de treks. Pour moi, cela m’a remémoré les jeux vidéos avec le système de quête : tu marches toute la journée et tu arrives à un checkpoint.

Vraiment une expérience à vivre… !

En tout cas, si tu veux te lancer, tu as maintenant toutes les clés en main. Fonce. Tu trouveras les autres réponses et l’énergie nécessaire en chemin.

 

 

Marcher seul sur le Sentier international des Appalaches au Québec est une expérience inoubliable qui demande préparation et courage. C’est une aventure qui éclate tes limites personnelles, favorise l’introspection et te connecte à la nature. Tu récolteras d’énormes récompenses, célébrant ton indépendance, ta résilience et ta connaissance de toi-même. J’espère que cette FAQ te sera utile pour profiter au maximum de ta randonnée sur le SIA ! N’hésite pas à parcourir d’autres articles du blog sur le trek. Je te conseille par exemple : GR 340 : La Traversée de Belle-Île-en-Mer à Pied.

 

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L'Inspiration

Baroudeuse

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Cet article a 5 commentaires

  1. Stéphane

    Salut Inès! Belle page sur le SIA… sur lequel on s’est d’ailleurs connus, dans la fameuse réserve de Matane. D’ailleurs on qualifie depuis à cette section de camp militaire 🙂
    beau guide qui j’espère inspirera d’autres personnes à découvrir ce beau coin du Québec!

  2. Stéphane

    Salut Inès! Belle page sur le SIA… sur lequel on s’est d’ailleurs connus, dans la fameuse réserve de Matane. D’ailleurs on qualifie depuis à cette section de camp militaire 🙂
    beau guide qui j’espère inspirera d’autres personnes à découvrir ce beau coin du Québec!

    1. Ineys

      Merci Stéphane, j’ai d’ailleurs retrouvé des écrits où je raconte que tu m’as sauvé la vie !
      C’était vraiment une aventure incroyable. Je vais me souvenir toute ma vie quand tu es descendu jusqu’au Monolithe du Bonhomme.
      Sinon, pour ce qui est de la RF de Matane, 100% d’accord – c’est un entraînement militaire (inhumain) haha
      Hâte de faire une randonnée avec toi au Yukon !