VISITER LA MONTAGNE COLORÉE SANS GUIDE À CUZCO

Voyager sans guide Pérou
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VISITER LA MONTAGNE COLORÉE SANS GUIDE À CUZCO



Après un mois à découvrir la ville de Cuzco et la vallée sacrée des Incas. Je pars avec mon amie Nuria du Pays Basque Espagnole découvrir la Rainbow Mountain.

Notre but : visiter la montagne colorée sans guide en partant de Cuzco et  ainsi avoir la chance d’arriver avant les nombreux touristes !

Récit d’un voyage authentique dont je vais me souvenir toute ma vie : du départ en camion à 2h du matin jusqu’à l’arrivée au sommet.

J’espère que ça pourra vous inspirer, pour ceux qui veulent se lancer : rendez-vous à la fin de mon récit pour lire mes conseils, bonne lecture ! 🙂

DéBUT DE L’AVENTURE

Ils ne sont pas vraiment à l’heure. Nous, si. Nuria et moi sommes à peine réveillées lorsque nous arrivons au fameux point de rencontre. Finalement, vers 2h30 du matin, deux petites fourgonnettes de type militaire avec un toit en toile débarquent. Un parfait camion utilitaire pour transporter des animaux, des poules… Je jette un œil à l’intérieur, il y a de la paille et des sacs en jute. C’est un peu anarchique, il faut le dire. Nuria me rassure immédiatement et me dit que ça ira parfaitement. Elle se dirige vers le chauffeur et demande à qui on doit payer. L’homme ne répond pas car il est occupé à harnacher son camion. Nous n’aurons jamais de réponse!

Tout à coup, un couple de français arrive en courant: “C’est bien ici le départ? Vous reste-t-il de la place?”
Bon, nous ne sommes donc pas les seules à vouloir voyager de cette façon !

Le temps que tout s’organise, nous partons vers 3h du matin. J’ai déjà froid. Il faut dire que le village de Pitumarca est à 3570 m d’altitude tout de même! 

Je n’imagine pas encore la suite, ce qui va devenir un des moments les plus marquants de mon voyage au Pérou! On monte toutes les deux dans le camion. Je m’installe en tailleur à côté d’un homme péruvien d’une trentaine d’années. C’est vraiment traditionnel à l’intérieur et un peu austère.

Je m’amuse mentalement. C’est extraordinaire d’imaginer la France à ce moment-là. Je suis dans un camion qui sert à transporter le bétail avec des travailleurs/paysans péruviens et une espagnole du pays basque. Et tout cela en pleine nuit a près de 4000m d’altitude!

Et parlons-en de l’altitude, plus les kilomètres défilent et les minutes passent… Progressivement, l’ascension se fait sentir et plus le climat se rafraîchit et l’air se raréfie. C’est à la fois magique et déconcertant.

J’aperçois le croissant de lune par l’interstice entre le toit du camion et la toile mal fixée. Je vois la cime des arbres. Je pars immédiatement dans une sorte de méditation. J’imagine tout le chemin que l’on doit encore faire dans la montagne escarpée. La route sinueuse qui nous attend pour monter “poco à poco” comme on dit au pays ! 😉

Le camion ne roule pas plus vite que 20 km à l’heure et nous nous arrêtons environ toutes les 5 minutes pour ramasser les travailleurs péruviens en chemin. Aussi bien qu’à la fin, nous sommes au moins une quinzaine dans la petite camionnette! 

Au bout d’un moment, je me demande même si un Péruvien va venir s’asseoir sur mes jambes. Nous roulons. Il fait terriblement froid. Soudain, Nuria sort des feuilles de coca de sa poche. Elle m’en propose. Je la remercie et en dépose quelques-unes entre ma langue et mon palais. Le jus doit peu à peu se mélanger à la salive de façon à rester éveillé et actif – une aide pour l’altitude. Après une heure trente de ballottage dans ce camion à poule, nous arrivons au départ de la randonnée Vinicunca : la montagne colorée.

5H du matin : C’est sûr, je n’ai jamais eu aussi froid de ma vie! On est maintenant à 5000m d’altitude. Malheureusement, on doit patienter pour accéder au sentier qui mène à la montagne colorée. L’obscurité est totale. Température : -15 degrés Celsius. C’est une petite épreuve à relever après les quelques heures de sommeil, la route, les yeux qui piquent et le froid.

Un anglais irréprochable haha. Altitude : 4480M

arrivées à la montagne colorée

Mais, c’était sans compter sur un homme qui, tout à coup a décidé à sortir de sa tente et nous fait rapidement signe d’entrer. Ce brave homme me montre un petit feu au fond de la tente où est entreposée une théière sur l’eau bouillante. “Te gusta chocolate caliente?” Oh mon Dieu! Oui! Je m’y dirige rapidement et pose mes mains gelées proche de la théière de manière à me réchauffer le plus rapidement possible! Cet homme nous sauve la vie. “Muchas Gracias !”, et c’est rien de le dire…

Ces Péruviens transportés dans le camion font la route chaque nuit et prennent leurs fonctions dans la montagne colorée dès 6h le matin. Ils attendent les touristes de pied ferme : ils sont à la fois guides, billetistes, cavaliers… De véritables couteaux suisses.

Il faut savoir que la montagne colorée existe seulement depuis une petite année! Avant, la « Rainbow Mountain » était recouverte d’un glacier et accessible seulement par les alpinistes.

Malheureusement, à cause du réchauffement climatique – il est maintenant possible d’atteindre le sommet à pied. La montagne est de toute beauté avec ses différentes teintes de couleurs, comme les sabliers que l’on fabrique pour les enfants. Le problème c’est que les agences de voyages ne se soucient absolument pas de l’environnement et envoient des cars de touristes à tour de bras. C’est notamment pour cette raison, qu’avec Nuria, nous avons décidé de nous y rendre par nous-mêmes, et aussi pour l’expérience différente que cela procure.

Le début de la Montagne Colorée

L’AVENTURE CONTINUE

Progressivement – le soleil aidant – le paysage se transforme. On passe du rouge au vert, comme une toile de peinture que l’on s’amuserait à peindre et à effacer. 

Avec des petits points blancs comme de la neige : des alpagas aux monts enneigés. Nuria et moi commençons déjà à faiblir un peu avant même d’attaquer la montée ! Ce n’est pourtant pas difficile. 

C’est le moment de dégainer nos fruits secs et les chocolats achetés la veille au marché. Naturellement, nous mâchons de la coca aussi pour aider contre le mal d’altitude – c’est la norme ici ! Et ce n’est pas considéré comme une drogue ni au Pérou ni en Bolivie.

Le début de la Montagne Colorée

Nuria me fait un signe de la main, elle a trouvé le poste de contrôle. Elle est plantée là, habillée comme si elle partait faire un trek en Sibérie ou dans le nord du Canada

Le poste de contrôle est d’ailleurs construit au milieu de nulle part. Nous continuons notre marche sur le chemin de terre battue. 

Au fur et à mesure de notre marche, nous croisons des petits chevaux et des centaines d’alpagas dont des bébés ! Je suis subjuguée par l’immensité du territoire ! Il y a des alpagas à perte de vue. Et que dire des montagnes ? Elles me paraissent ô combien majestueuses et irréelles ! 

RAINBOW MOUNTAIN (3)

A l’extérieur: le soleil vient de se lever. La brume se dissipe au fur et à mesure que les rayons du soleil s’installent. Le combat ultime de notre cher soleil versus l’ombre. J’ai tellement hâte. Finalement, on peut commencer notre ascension. Il fait encore nuit noire, un panneau est planté devant la montagne indique : “Welcome to the Rainbow Mountain, altitude: 4480m”. On est prévenu ! On marche encore dans le froid quelques minutes. Cependant, sur le versant d’en face – il y a un peu plus d’espoir, le soleil se lève doucement. J’ai hâte que ses rayons viennent taper sur mon visage, mes bras et le haut de mon corps surtout. Je suis frigorifiée. Pourtant, la marche nous active et finit par nous réchauffer.

Et que dire du paysage qui nous entoure! C’est un des plus beaux que j’ai pu voir dans toute ma vie. Il y a des troupeaux d’alpagas noirs et blancs, avec en toile de fond: les montagnes. En avançant un peu plus sur le chemin, on commence à apercevoir une montagne particulière, en dent de scie avec sa cime enneigée. C’est un lieu très particulier avec une belle énergie. On se croirait sur une autre planète avec la couleur du sol : vert, violet et rouge : Je suis complètement dépaysée.

On croise un homme avec un dindon qui nous salue, l’air de rien! Puis, un paysan trottine énergiquement au côté de son cheval, un paso péruvien, je le salue d’un “Buenas!”

Profiter de la montagne vinicunca (ou rainbow mountain)

4000 mètres d’altitude et nous progressons vers les 5000 m! Ce sera le plus haut jamais atteint me concernant. A présent, nous avançons vraiment lentement. Nos forces s’épuisent. Le manque d’air dû à l’altitude et le moindre effort nous mettent K.O technique.

 Et nous ne sommes pourtant pas les seules. Je vois quelques personnes en contrebas souffrir autant que nous, voir plus. Finalement, on s’en sort même plutôt bien. Après une ascension faible en dénivelé mais longue, nous voilà au sommet.

QUEL SPECTACLE incroyable ! On a vu sur l’autre versant de la montagne. Un festival de couleurs! Le vent souffle fort. La montagne est en fait un sablier de couleurs géant. Si vous tenez à une explication, la voici : si autant de couleurs se côtoient à cet endroit précis, c’est l’accumulation formée par des couches de sédiments depuis des siècles et des siècles. Le soufre offre la couleur jaune, l’oxyde de fer permet d’obtenir la couleur rouge et le sulfate de cuivre la couleur verte.

On se prend en photo pour immortaliser ce moment intense car Cerise sur le gâteau… Nous arrivons aux alentours de 9h30 du matin en choisissant de venir sans agence de voyage ! Et oui, en partant à 5h du matin! Résultat, il n’y a pas une horde de touristes pour gâcher nos photos et la découverte de cet endroit presque vide et tellement unique !

A ce moment précis, je ne regrette plus rien! Ni de m’être réveillée à 2 heures du matin, ni tous ces voyages, ni le camion de poules. Je réalise que j’ai de la chance et que j’ai raison de faire ce que je fais. De réaliser mon voyage extraordinaire.

Il faut être et prendre l’extraordinaire dans ce monde que je trouve parfois un peu bancal. Je me rend compte que la vie ne vaut rien si on ne la vit pas intensément, voire dangereusement. La définition du bonheur ? Du moins, c’est comme ça que je fonctionne.

On reste un bon moment au sommet, mais on finit par se demander si on n’a pas envie de poursuivre notre aventure un peu plus en contrebas dans la vallée ? Il est seulement 10h !


profiter DE L’OCCASION POUR VISITER LE CERRO ROJO

On enchaîne donc avec le Cerro Rojo. Traduction : la montagne rouge comme sur la planète Mars. Le film Star Wars me revient en tête ! Il y a d’un côté les montagnes rouges et jaunes et de l’autre les sommets ciselés avec la neige.

Les Péruviens sont habillés chaudement, leurs petites têtes sont recouvertes d’un bandana et les chevaux sont chargés comme des baudets ! Ils sont probablement en expédition dans les montagnes. Je les envient.

Je filme et photographie inlassablement tandis que Nuria marche en tête. Nous descendons progressivement la vallée qui se transforme en un magnifique dégradée du rouge au vert ! 

Finalement, nous arrivons au ruisseau principal où nous retrouvons les fameux alpagas – les stars de ces contrées – et les maisons en Adobe avec leurs toits de paille. Nous traversons de nombreux villages… Enfin, il y a seulement 3 maisons ! 

RAINBOW MOUNTAIN (35)

Alors que nous marchons énergiquement, nous croisons un petit gentil petit garçon qui nous explique le chemin à prendre pour ne pas se tromper.  Nous voilà embarquées pour une marche de 4 heures de la vallée jusqu’à la sortie… C’est une balade de rêve avec une quantité d’animaux inimaginables. On trouve même un crâne de cheval en plein milieu d’un champ!

Le paysage ressemble de plus en plus à une grande prairie, toujours bordée de montagnes désormais grisâtres. On traverse des torrents, sautillant de pierres en pierres…

Aussi, nous observons de nombreuses maisons typiques avec des murailles en pierres. Ensuite, nous atteignons rapidement la rivière, je vois des centaines de lamas avec des pompons rouges dans les crins. Cela signifie qu’ils appartiennent à une famille bien précise – par exemple, un peu plus haut perché dans le village.


L’heure du RETOUR

Je me dis que cette journée est réellement atypique. Je me sens tout à coup très chanceuse de vivre cette aventure et j’aimerais tellement que vous puissiez faire la même chose !

Je ne le sais pas encore, mais cela deviendra ma passion quelques années plus tard : avoir la chance d’aller là où les touristes ne sont pas. Pour moi, un voyage réussi : c’est découvrir et explorer de nouveaux endroits et découvrir d’autres réalités. Sortir de sa zone de confort en d’autres termes. Vous rencontrez. Et surtout, vous vous transformez. Parce que vous vous rendez compte qu’ils existent d’autres manières de vivre et de penser. Vous ne détenez pas LA vérité absolue.

Bref, on suit le cours d’eau, la petite rivière, les maisons en Adobe, les habitants et… Surprise, nous arrivons dans le village tant convoité. On a marché 3 h 30 en tout, d’un bon pas, car nous avions peur de rater l’unique bus ! Bon, nous voilà rassurées : en arrivant au village, on apprend rapidement qu’il n’y a, en fait : pas de bus ! On doit faire du stop ou monter sur un camion à bestiaux ! On croise un homme qui selle son cheval. Une vraie scène de western !

Finalement, on prendra un bus local pour rentrer à Pitumarca. On passe par des routes terribles avec des ravins. Nous n’avions pas vu tout ça la nuit dernière, enfermées dans le camion ! Confortablement installées dans le bus, une erreur du chauffeur et nous mourons tous. Celui-ci s’arrête souvent pour ramasser des paysans et les déposer au milieu de nulle part ! D’autres fois, on s’arrête pour ramasser une dame habillée en tenue traditionnelle, avec son agneau et ses cochons qu’elle met naturellement dans la soute. Rien de plus normal par ici! Un moment plus tard, nous voilà de retour pour prendre un autre bus nous ramenant sur Cuzco. On arrive réellement épuisées mais, la tête remplie de souvenirs les plus fous les uns que les autres…

Life is good. Je ne regrette pour rien au monde mon voyage et toutes ces belles rencontres… <3. Et si c’était ça l’essence même du voyage ?


MES CONSEILS

  • Prendre les bus locaux de Cuzco à Pitumarca, très peu cher (voir la carte) ! 5 euros l’aller
  • Loger chez l’habitant et profitez de bon repas locaux au village de Pitumarca ou Checacupe 
  • Puis de Pitumarca, se réveiller à 2h du matin pour prendre le bus avec les paysans qui travaillent à la montagne colorée 🙂
  • Comptez 2 heures de trajet et prévoyez des feuilles de coca à mâcher, car on prend de l’altitude assez rapidement mine de rien dans le camion !
  • A 5h du matin, vous êtes à l’entrée de la montagne colorée, prenez votre temps pour grimper jusqu’aux 5000m d’altitude et vous arriverez aux alentours de 9h le matin
  • Les cars de touristes arrivent au sommet de la Rainbow Mountain vers 11h du matin
  • Si vous avez vraiment le mal d’altitude, il est possible de louer un cheval qui vous transportera jusqu’au sommet en échange d’un bon petit pactole ! 
  • Faire le plein au marché de San Pedro à Cuzco, prix dérisoires et on ne peut pas trouver plus local ! (voir la carte)
  • Prévoyez de prendre du chocolat et des fruits secs, cela vous aidera pour la petite ascension. Ce n’est vraiment pas difficile ! C’est juste l’altitude qui réduit considérablement nos forces.
  • Le mal d’altitude peut toucher n’importe quelle personne et ce même avec une très bonne condition sportive. Ne sous estimez pas ce mal et écoutez vous, c’est le meilleur conseil que je peux vous donner
  • Équipez-vous pour le froid, il fait -15°C en pleine nuit en arrivant au point de départ pour l’ascension de la Montagne colorée
  • Prenez si possible un thermos de thé – cela vous aidera aussi bien pour supporter la température que l’altitude !

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Ineys

Hey! Je suis Inès, 28 ans et j'ai décidé de devenir aventurière et voyageuse à temps plein :) J’ai fait de nombreux voyages en Europe, au Canada, États-Unis et Amérique Latine sur le long terme. Mais aussi des expériences comme 650 km à pied en Gaspésie ! Passionnée de voyage, de cafés et d'alternatives, j'aimerais t'aider à voyager et oser partir découvrir le monde.

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