Comment Équilibrer Sa Vie Nomade ?


Inès Van | Inès devant son van aménagé Fuji, symbole d'un équilibre entre vie nomade, liberté et moments d'ancrage


Quand on commence à voyager, on imagine parfois pouvoir continuer ainsi indéfiniment.

Changer de pays, découvrir de nouveaux paysages, multiplier les rencontres et organiser ses journées selon ses envies.

Cette liberté peut être grisante, surtout lorsqu’on a longtemps eu envie de sortir d’un quotidien trop prévisible.

Mais après plusieurs mois, voire plusieurs années sur les routes, les envies évoluent. On peut toujours aimer voyager tout en ressentant le besoin de retrouver des repères, de construire des projets ou simplement de ralentir.

Après neuf années de voyages, j’ai connu différentes façons de vivre : du Japon à la Nouvelle-Zélande, en passant par le Canada, la Chine, le WWOOFing et les saisons en montagne.

J’ai parfois eu l’impression d’avoir vécu 999 vies, de me réinventer et de m’adapter à chaque nouvel environnement, comme un caméléon.

Ces expériences m’ont énormément apporté, mais elles m’ont aussi fait comprendre une chose : être libre, ce n’est pas forcément être constamment en mouvement.

Le Mouvement Et L’Ancrage : 2 Besoins Qui Peuvent Coexister


Voyager au long cours, c’est accepter une certaine part d’imprévu.

On change régulièrement d’environnement, on s’adapte à de nouvelles situations, on fait des rencontres et on découvre des façons de vivre différentes.

Cette liberté fait partie de ce qui rend le voyage aussi enrichissant.

Mais vivre constamment en mouvement peut aussi donner envie de retrouver un peu de continuité.

Avoir des habitudes, s’investir dans un projet sur la durée, entretenir des relations qui ne dépendent pas d’une prochaine destination.

Avoir besoin d’ancrage ne signifie pas avoir perdu son goût pour le voyage. Ces deux envies peuvent parfaitement coexister.

Je crois que c’est aussi l’une des difficultés de cette vie en mouvement : devoir régulièrement tout reconstruire.

À chaque nouvelle étape, il faut retrouver ses marques, créer de nouvelles habitudes, rencontrer des personnes et parfois recommencer à zéro.

J’ai connu beaucoup de transitions entre des périodes très intenses, riches en découvertes et en rencontres, et d’autres beaucoup plus calmes.

Pourtant, je n’ai jamais vraiment eu de mal à quitter une période de rencontres pour retrouver ma tranquillité.

J’aime autant partager des moments avec les autres que me retrouver dans ma bulle.

Ces deux besoins font partie de mon équilibre.

Tipi en pleine nature avec une main tenant une boussole

6 Pistes Pour Trouver Son Équilibre Entre Voyage & Stabilité


1. Apprendre à s’écouter et reconnaître ses limites


Je pense que c’est l’une des choses les plus importantes lorsqu’on voyage longtemps : apprendre à faire la différence entre l’envie de repartir et le besoin de ralentir.

Au début, chaque nouvelle destination peut être une source d’enthousiasme.

On a envie de tout découvrir, de multiplier les expériences et de profiter au maximum de cette liberté.

Mais les déplacements demandent de l’énergie.

Train ViaRail traversant le Canada, avec un lac à gauche et le soleil couchant. Illustration symbolisant aventure, tranquillité et voyage ferroviaire panoramique

Il faut régulièrement organiser la suite, gérer son budget, trouver un logement, s’adapter à un nouvel environnement et parfois faire face à la solitude.

À certains moments, on peut simplement avoir moins envie de bouger.

Ce n’est pas forcément le signe qu’il faut tout arrêter.

Peut-être suffit-il de rester plus longtemps au même endroit, de réduire le nombre de destinations ou de s’accorder une vraie pause.

Il n’y a aucune obligation de rentabiliser chaque jour de voyage.

On peut aussi prendre le temps de ne rien faire, de retrouver un rythme plus tranquille et de profiter de l’endroit où l’on se trouve.

Pour ma part, j’ai parfois continué à bouger alors que j’aurais probablement pu ralentir.

J’adore découvrir de nouveaux endroits et rencontrer des personnes qui ont la même envie de poursuivre l’aventure.

Dans ces moments-là, la passion du voyage prend facilement le dessus !

J’ai tout de même appris à reconnaître certaines limites, notamment après des périodes de déplacement ou des treks assez exigeants.

Mais je ne prétendrais pas avoir toujours su lever le pied au bon moment.

C’est aussi quelque chose qui s’apprend avec l’expérience.

Statue d'Ayutthaya sur fond bleu, illustrant la rubrique "Mes articles" sur la page d'accueil du blog "999 Vies"

2. Alterner les périodes de voyage et de stabilité


Une solution consiste à envisager sa vie non pas comme un voyage permanent, mais comme une succession de périodes aux besoins différents : consacrer plusieurs mois à découvrir une région, puis retrouver un endroit où travailler, reprendre ses habitudes et faire avancer ses projets.

Pour certains, l’équilibre sera de voyager quatre mois dans l’année et de passer les huit autres dans un environnement plus stable.

Pour d’autres, ce sera exactement l’inverse.

Certains préféreront alterner de longues périodes de voyage avec quelques mois de pause, tandis que d’autres organiseront leur quotidien autour des saisons.

Il n’y a pas de bonne proportion à respecter.

On peut aussi adapter son rythme au fil des années.

Une période consacrée à la découverte, une autre au travail, puis une nouvelle envie de repartir.

Rien n’empêche de modifier cette organisation lorsque les priorités changent.

Groupe de voyageurs et nomades avec Inès levant les bras devant un lac en Mongolie. Chevaux présents dans un paysage de la vallée de l’Orkhon

Le plus intéressant est peut-être de ne plus considérer la stabilité comme une interruption du voyage, mais comme une partie intégrante de son mode de vie.

J’ai notamment découvert les saisons en travaillant dans différentes régions de montagne.

Ce fonctionnement me plaît : passer quelques mois dans un endroit, retrouver des collègues, des habitudes et un quotidien, puis profiter d’une autre période pour voyager ou avancer sur mes projets.

Le WWOOFing m’a également permis de découvrir d’autres rythmes de vie, parfois très éloignés de ceux que l’on connaît en voyage.

J’ai notamment vécu des expériences auprès d’éleveurs, souvent avec peu de monde autour de moi.

Ce sont des périodes différentes, qui m’ont appris à apprécier d’autres formes de quotidien.

3. Se créer des repères et entretenir ses relations


L’un des aspects les plus particuliers du voyage au long cours est la place qu’occupent les rencontres.

On partage parfois beaucoup avec des personnes que l’on vient tout juste de rencontrer.

On passe quelques jours, quelques semaines ou plusieurs mois ensemble, puis les chemins se séparent.

Certaines rencontres restent marquantes, d’autres s’effacent avec le temps.

C’est une richesse du voyage, mais cela peut aussi donner envie de construire des relations plus durables.

Entretenir des amitiés à distance, revenir dans certains endroits, retrouver des personnes rencontrées sur la route ou participer à des projets locaux sont autant de façons de garder des repères et de créer du lien, même lorsque l’on voyage.

4. Trouver sa place entre solitude et vie sociale


Voyager seule permet de découvrir une forme d‘indépendance assez particulière.

On prend ses décisions, on organise ses journées selon ses envies et on apprend à apprécier sa propre compagnie.

Mais il existe une différence entre choisir la solitude et la subir.

Même lorsqu’on apprécie profondément voyager seule, les échanges peuvent manquer.

Les rencontres sont parfois nombreuses, mais pas toujours durables.

Et il arrive que l’on ait envie de retrouver des personnes avec qui partager des choses plus simples, sans avoir à faire connaissance à chaque fois.

Pour cela, les projets de volontariat, les séjours plus longs, les activités locales ou les espaces de travail partagés peuvent permettre de créer du lien autrement.

Profil Ineys pour Photo Auteur

Il faut aussi accepter que l’on n’ait pas les mêmes besoins tous les jours.

Certains moments seront consacrés à soi, d’autres aux rencontres.

L’important est de ne pas laisser la solitude devenir une contrainte lorsque l’on ressent le besoin de partager davantage.

De mon côté, j’ai toujours apprécié cette indépendance.

Elle m’a aussi permis de consacrer du temps à mes projets personnels, sans attendre que quelqu’un partage forcément les mêmes envies ou le même rythme que moi.

Comment Équilibrer Sa Vie Nomade | Fleurs sauvages dans un paysage naturel

5. Avoir un projet qui donne une continuité à son quotidien


Voyager ne signifie pas forcément mettre tous ses projets entre parenthèses.

Cela peut être un blog, un projet artistique, la photographie, une activité indépendante, une formation ou un travail à développer progressivement.

Certains projets demandent du temps et de la régularité.

Il n’est pas toujours évident de les faire avancer lorsque l’on change constamment d’endroit, que l’on multiplie les déplacements ou que l’on consacre beaucoup de temps à découvrir une nouvelle destination.

Voyage, Photographie & écriture d'articles

Les périodes plus stables peuvent alors devenir précieuses pour prendre du recul, trier ses photos, écrire, apprendre de nouvelles compétences ou développer une activité.

Je l’ai particulièrement ressenti avec mon blog.

Pendant mes voyages, j’avais envie de découvrir les pays au maximum.

Je prenais des photos, rédigeais parfois quelques articles dans les bus ou m’installais dans des cafés pour décharger mes images et avancer un peu.

Mais il était difficile de tout concilier.

En Nouvelle-Zélande, par exemple, certaines périodes de trek notamment avec le Te Araroa ne me permettaient tout simplement pas de travailler sur ordinateur.

Et lorsque l’on est passionné par le voyage, il est parfois difficile de choisir entre passer du temps à découvrir une région et rester derrière un écran.

Aujourd’hui, je profite davantage de mes périodes en France pour faire avancer ce projet.

Je peux enfin consacrer du temps à tout ce que j’avais envie de construire depuis des années.

J’ai compris que je n’étais pas obligée de tout faire au même moment.

Femme écrivant dans un carnet et travaillant sur son ordinateur avec un café devant un tipi

6. Apprendre à vivre simplement


L’un des apprentissages du voyage au long cours est souvent celui de la simplicité.

Quand on part avec un sac à dos ou quelques affaires dans un van, on apprend à faire des choix.

On réalise que l’on n’a pas besoin de beaucoup de possessions pour vivre de belles expériences, découvrir de nouveaux endroits ou apprécier son quotidien.

Avoir moins de dépenses, limiter les achats superflus et accorder davantage d’importance au temps disponible, aux relations et aux expériences permet de conserver une certaine liberté, même sans être constamment sur les routes.

Se contenter de peu ne signifie pas se priver.

C’est plutôt apprendre à reconnaître ce qui nous apporte réellement quelque chose.

Inès Sourire Japon Hokkaido | Inès souriante et allongée dans sa tente pendant son voyage à Hokkaido, au Japon

On peut très bien avoir un quotidien simple, quelques affaires et un endroit où vivre, tout en conservant cette envie de liberté qui nous a poussés à partir.

Finalement, tous ces voyages ont aussi nourri mes projets.

J’aimerais qu’un jour, mes expériences et mes récits puissent donner envie à d’autres personnes d’explorer de nouvelles possibilités, de prendre confiance en elles ou simplement d’envisager leur vie autrement.

Construire Une Vie Nomade Sur La Durée


Vivre en voyageant demande aussi de réfléchir à son organisation professionnelle et financière.

Certains choisissent le travail saisonnier, d’autres enchaînent les missions ponctuelles, travaillent à distance ou développent une activité indépendante.

Il existe différentes façons de financer ses déplacements, mais aucune ne fonctionne de la même manière pour tout le monde.

L’essentiel est de trouver un rythme qui ne transforme pas le voyage en une succession de contraintes.

Il faut aussi accepter que tout ne puisse pas avancer en même temps.

Certaines périodes seront davantage consacrées au travail, d’autres aux découvertes ou aux rencontres.

C’est une question d’organisation, mais aussi de priorités : qu’est-ce que j’ai envie de construire aujourd’hui, et quelle place est-ce que je souhaite laisser au voyage ?

Et Si L’On Avait Simplement Envie D’arrêter De Voyager ?


C’est une possibilité dont on parle parfois moins, surtout lorsque le voyage occupe une place importante dans notre identité.

On peut avoir voyagé pendant plusieurs années, vécu des expériences incroyables, rencontré des personnes marquantes et ressenti un jour le besoin de passer à autre chose.

Peut-être a-t-on envie d’un logement, d’un quotidien plus prévisible, de retrouver ses proches plus régulièrement ou de s’investir dans un endroit.

Tente de bivouac installée au sommet du Cheval Blanc, dans les Alpes françaises, près de la frontière suisse

Et alors ?

Il n’y a aucune raison de poursuivre un mode de vie qui ne nous rend plus heureux simplement parce qu’il nous a plu pendant plusieurs années.

Passer à une vie plus sédentaire ne signifie pas avoir échoué dans son expérience nomade.

Cela ne veut pas non plus dire renoncer définitivement au voyage.

On peut aussi faire évoluer sa façon de voyager avec le temps : partir quelques semaines plutôt que plusieurs mois, découvrir moins de destinations en prenant davantage le temps sur place, ou retrouver un quotidien stable ponctué de départs réguliers.

C’est d’ailleurs un sujet que j’aime explorer à travers la réinvention et l’introspection : prendre le temps de se questionner, de faire le point sur ses envies et de s’autoriser à faire évoluer son chemin.

C’est un peu ce que je ressens aujourd’hui.

Après neuf années de voyages, je suis toujours très attachée à cette liberté, mais j’ai aussi envie de construire quelque chose de plus durable.

Retrouver une base, aménager mon van Fuji, m’évader avec l’Hexatrek, travailler sur mon blog et organiser mes prochaines aventures sans être constamment dans le mouvement.

Inès souriante devant un refuge sur l’Hexatrek, sac à dos bâché et prête à reprendre le trek en France

Je remarque aussi que cette façon de vivre peut parfois créer une certaine incompréhension avec les personnes qui ont un quotidien très différent du mien.

C’est assez logique : lorsqu’on n’a pas vécu ces expériences, il est parfois difficile de comprendre les choix et les priorités qu’elles nous amènent à avoir.

Mais je n’ai pas envie de renoncer à ce qui m’a construite.

Je souhaite simplement trouver une nouvelle manière de le faire cohabiter avec mes autres projets.

Femme travaillant sur un ordinateur devant un tipi en pleine nature

Trouver Son Équilibre Entre L’Arbre Et La Pirogue


Il existe un proverbe mélanésien que j’adore qui illustre particulièrement bien cette dualité entre mouvement et ancrage :

« Tout homme est tiraillé entre deux besoins.
Le besoin de la Pirogue, c’est-à-dire du voyage, de l’arrachement à soi-même, et le besoin de l’Arbre, c’est-à-dire de l’enracinement, de l’identité. »

J’aime beaucoup cette image, car elle rappelle que ces deux besoins ne sont pas forcément opposés.

La pirogue permet de partir, de découvrir et d’aller vers autre chose.

L’arbre représente les racines, les repères et ce qui nous permet de savoir d’où l’on vient.

On peut avoir besoin de l’un pendant un temps, puis ressentir davantage le besoin de l’autre.

On peut aussi chercher à faire coexister les deux, en conservant un endroit où revenir tout en continuant à voyager.

Il n’y a pas de calendrier à respecter, de durée idéale ou de modèle à suivre.

Certains-es seront plus heureux(ses) en voyageant une grande partie de l’année, d’autres en ayant un quotidien stable ponctué de départs réguliers.

L’essentiel est de ne pas se laisser enfermer dans une façon de vivre qui ne nous correspond plus.

Après toutes ces expériences, je crois surtout qu’il faut s’autoriser à faire évoluer son quotidien sans avoir l’impression de renoncer à une partie de soi. On peut aimer voyager et apprécier de retrouver un endroit familier. Avoir envie de liberté tout en construisant des projets sur la durée.

L’équilibre ne consiste pas à trouver une formule parfaite, mais à construire une vie qui nous ressemble, avec suffisamment de place pour le mouvement comme pour l’ancrage.

Et toi, comment imagines-tu ton équilibre entre voyage et stabilité ?

Si tu veux continuer ta lecture je te conseille : Quand Savoir Renoncer à un Projet.

Comment Équilibrer Sa Vie Nomade | Inès souriante avec son casque de scooter pendant son voyage

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