Le Salar d’Uyuni, posté à 3600 mètres d’altitude, au sud-ouest de la Bolivie, est l’un des plus grands déserts de sel au monde (10 milliards de tonnes de sel !). À la saison des pluies, en mars, il se transforme en lac salé. C’est pendant cette période que j’ai eu la chance de le visiter. Si tu choisis cette destination, tu profiteras de couchers de soleil renversants, des paysages bluffants avec en toile de fond flamants roses et geysers bouillonnants. Il faut le dire : traverser ce désert en jeep est épique, savoureux et imprévisible. Véritable appel au voyage, je te propose ce récit de road trip entre un nord du Chili volcanique et d’une Bolivie aride.

 

Guide pour explorer le salar d'Uyuni en Bolivie en Amérique du sud

 

Explorer le salar d’Uyuni en Bolivie : récit de mon aventure

Premier jour de l’aventure : entre volcans et lagunes

Le départ s’effectue depuis San Pedro d’Atacama au Chili. On franchit le passage de la frontière bolivienne en fin de matinée. L’organisation est un peu chaotique, mais ça n’empêche pas d’apprécier l’aventure.

Je fais la connaissance de mes compagnons de voyage pour ces 3 jours : un Américain, un Français et deux Suédoises. Et Simone en voiture ! Nous pénétrons le parc national de la réserve de faune andine Eduardo Avaroa qui s’étend tout de même sur 7000 km² ! Je sens que la Bolivie est un pays qui a beaucoup à offrir.

 

Freestyle hors-piste. Le 4×4 emprunte tantôt sur des chemins rocailleux, de la terre battue rouge ocre ou encore des dunes  fouettées par le vent.

Premier arrêt : le Sol de Mañana, un désert en altitude à l’activité volcanique explosive. Les fumerolles et les geysers émettent des jets de vapeur et d’eau chaude à une hauteur comprise entre 10 et 50 mètres. C’est vraiment impressionnant. Ils sont actifs quelques secondes puis disparaissent, et ainsi de suite. Ici, notre guide nous met en garde : cinq ans auparavant, une touriste est tombée dans le jet en activité en voulant se photographier. Elle n’a pas survécu. Nous nous observons. Voilà qui n’est pas rassurant !

L’aventure se poursuit ensuite vers la Laguna Colorada. Située à une altitude de près de 4 278 mètres, la couleur rouge de la lagune est due à un microplancton présent dans l’eau. D’ailleurs, les flamants roses des Andes en raffolent ! Le paysage est composé de différentes structures : au premier la végétation touffue oscillant entre le vert et le jaune, au second le dégradé de nuance, et enfin au troisième plan la lagune bleue qui tire vers le rouge. Au loin, ce sont les montagnes qui s’affichent en arrière-plan. Les teintes et les tons poussent à la contemplation.

On passe d’ailleurs la nuit ici au refuge. Au menu : soupe, viande et riz agrémenté de fous rires. Nuit en dortoir oblige : pas de chichi, c’est simple et efficace. 

 

Laguna Colorada

 

Deuxième jour de l’excursion : des lagunes de toutes les couleurs

Je dois dire que le deuxième jour est autant intense que le premier jour en découvertes. L’excursion est toujours aussi bien rodée — on démarre notre road trip en jeep en s’arrêtant à l’Árbol de Piedra (« arbre de pierre ») c’est un arrêt idéal pour s’essayer à l’escalade sur roche !

Deuxième arrêt à la Laguna Kara. On écrit nos pays d’origine avec les nombreuses pierres disposées sur le sol. Sous nos yeux se dévoilent une faune et une flore délirantes aux couleurs chatoyantes. Les lagunes Cachi et Turquin sont également au programme de notre guide bolivien à la conduite tumultueuse. Pour y parvenir, nous traversons les dunes sablonneuses en jeep. Finalement, la journée se termine à la Laguna Chalviri. On commence à se demander combien de lagunes allons-nous faire en une seule journée !

Souvenirs en pagaille, mais précieux gardés à vie dans un coin de ma tête et en seulement 48 heures. Mes yeux n’en reviennent tout simplement pas tant je vois de vigognes, d’oiseaux et de flamants roses ! Et l’aventure est loin d’être finie. Demain, c’est le clou du spectacle avec la visite du Salar d’Uyuni ! On roule beaucoup aujourd’hui, environ 4 heures à travers le vide. Le paysage semble irréel et surréaliste : devant nous, champs de quinoa, rouges, jaunes, verts et toujours ces fameuses montagnes en arrière-plan. On peut voir des dizaines de troupeaux de lamas ! Je comprends mieux maintenant pourquoi le désert du sud Lipez est tellement connu en Amérique du Sud. Sauvage, ce désert vous saisit, vous met K.O. et vous colle une baffe en pleine tête. 

Enfin, nous traversons le salar de Chiguana au milieu duquel passe la ligne de chemin de fer, qui relie la ville chilienne de Calama à Uyuni en Bolivie. On s’arrête à Julaca, un genre de village abandonné et glauque à souhait. D’abord, des centaines de mouches  viennent soudainement se coller sur nous. Dans notre champ de vision : une chaleur étouffante et des bâtiments dévastés. Les habitants, eux, sont tous ivres installés dans un bar miteux. Le paysage s’annonce un brin apocalyptique : deux petits bancs en bois, un bar à la musique ringarde, des maisons en adobe aux toits de paille, un camion rouillé défoncé trônent sur la place. The last of us ? Bienvenue en Bolivie ?

Et pourquoi ne pas monter sur le toit d’un train pour observer les alentours ? Quel endroit mystérieux ! Un peu plus loin apparaît un cimetière, au beau milieu de nulle part — vision étrange d’un désert de nuages en plein désert. On dirait une oasis tant cela semble irréel. Je marche quelques minutes et m’éloigne du groupe certainement poussé par ma curiosité.

À 15 h 15, il reste encore un brin de route avant d’atteindre notre hôtel de sel à Colchani… Le temps change radicalement, des éclairs violents illuminent l’horizon. La route sur les chemins de terre battus est inondée — on doit traverser avec la jeep dans un mètre d’eau ! Ça passe ou ça casse, apparemment, ça passe… 

Bien plus tard dans la soirée, nous arrivons à l’hôtel de sel. Les murs, les meubles sont fabriqués en sel grâce au salar d’Uyuni — celui-ci sert de liant et de ciment entre les briques de béton. Les hôtes nous servent un repas simple, mais gargantuesque : des frites et du poulet. Chacun rit et échange sur sa journée. Un Brésilien, deux Chiliennes et un Iranien se sont ajoutés à notre petit groupe. Demain, on prévoit de se lever à 4 h du matin. Buenas noche.

 

L’arbre de pierre

 

Troisième jour de l’aventure : le clou du spectacle

On se réveille aux aurores pour profiter du lever de soleil sur le salar. Le réveil est difficile, mais on se réconforte en se disant que l’effort en vaut la peine. La beauté du paysage est incomparable. Nous roulons graduellement jusqu’au grand et tant vénéré par la communauté de voyageurs du monde entier : THE désert de sel d’Uyuni. Entre janvier et mars, les précipitations inondent les bords du salar d’Uyuni, qui peut être recouvert d’une trentaine de centimètres d’eau, sur cette étendue presque absolument plate. Cela entraîne un phénomène de réfraction inédit et un miroir d’eau spectaculaire.

5 h 30, le ciel s’éclaircit progressivement lorsqu’on sort de la jeep, on se croirait sur une autre planète. La couleur orange irisée pénètre la couche de sel, créant ainsi un reflet incroyable. Le salar peut se targuer d’être victime de son succès. Les photos s’enchaînent à un rythme effréné tandis que quelques autres jeeps au loin commencent à se pointer.

C’est touristique, mais on a assez d’espace pour se sentir seuls au monde et profiter au maximum du moment. Normalement, en saison sèche — les voyageurs s’amusent à prendre des photos en jouant avec les perspectives et les dimensions. Le miroir des nuages est extraordinaire. On peut rapidement s’y perdre et méprendre la réalité : le désert est uniforme sur des kilomètres… 

En fin de compte, on est acheminé au point de départ du Paris-Dakar. Il y a une cinquantaine de drapeaux, toutes nationalités confondues. Un copieux petit-déjeuner nous est servi et chacun porte un toast en buvant de la bière. Moi, je choisis d’en verser un peu sur le sol salé et de dire merci à la Pachamama. Enfin, ultime étape : le cimetière de Trenes. Elle marque la fin de notre traversée — on photographie les vieilles locomotives et wagons en décomposition sur des kilomètres. Le temps est orageux, ce qui crée une atmosphère lunaire particulière, voire éclectique. C’est une nouvelle aventure vers Potosí qui commence — une fois de retour à Uyuni.

 

Conseils Pratiques

  • Rejoindre le village d’Uyuni en train ou en bus, excursions organisées fréquemment
  • Atterrir à La Paz puis se rendre à Uyuni pour réaliser l’excursion ou partir de San Pedro d’Atacama au Chili
  • Démarcher plusieurs agences de voyages qui proposent l’excursion au salar d’Uyuni et ne pas hésiter à comparer les prix
  • S’habituer un peu à l’altitude avant si cela est possible, en réalisant de courtes randonnées par exemple

Images illustration : comment avoir une vie extraordinaire

  • De Uyuni, je te conseille de rejoindre Potosí pour continuer votre ton en Bolivie : ce pays mérite que l’on s’y attarde. Se préparer à prendre quelques douches froides (elles sont payantes et non chauffées) et à adopter un mode de vie simple pendant l’excursion : la nourriture est basique, mais correcte.
  • Laisser absolument un pourboire en fin d’excursion à votre guide local
  • Ne pas oublier de charger son appareil photo et profiter !
  • Prix d’une excursion de 4 jours devrait vous coûter approximativement 1200 $ B par personne (soit environ 135 €) pour le guide et entrée dans le parc

 

 

Envie d’aller plus loin ? Visite le site Génération voyage : guide complet pour explorer le Salar d’Uyuni

 

Mon conseil ? Ose vivre cette aventure. Le salar d’Uyuni est un must have lors d’un voyage en Bolivie avec sa nature et ses paysages flamboyants. L’excursion en jeep ajoute un certain piment à l’aventure entre liberté et grands espaces. Si cet article t’a donné envie de parcourir la Bolivie, laisse un petit commentaire ou partage cet article ;-). Envie de plus d’aventures en Amérique Latine ? Tu peux lire mon récit de voyage sur comment visiter la Rainbow Mountain sans guide au Pérou. 

 

 

Logo 999vies

L'Inspiration

Baroudeuse

Je ne spam pas ! Consulte ma politique de confidentialité pour plus d’informations.

Laisser un commentaire