Interview de Fanny, Voyages en Asie du Sud-Est Partie 2

Dans cette deuxième partie, Fanny raconte ce qui l’a marquée en Asie du Sud-Est : les rencontres au Laos, une soirée inattendue à Sumatra, mais aussi les moments de doute et ce que ce voyage lui a appris sur elle-même.
Lire la Partie 1 de l’interview : Fanny, Expatriation en Irlande
Voyager en Asie du Sud-Est 🎒
En Asie en général, ce qui m’a marqué c’est la simplicité des gens.
Le sentiment qu’on a besoin de rien pour vivre, pour être heureux.
J’ai trouvé justement que les gens en Asie étaient à 100% avec eux mêmes, 100% au moment présent.
Je trouve que cette façon de vivre m’a appris d’être totalement en accord avec mes choix.
Je les sens libres, pleinement présents à ce qu’ils vivent.
Et en fait, cette liberté, ça te fait grandir et vibrer.
Le Laos, un voyage marqué par les rencontres
Les pays qui m’ont le plus marquée… Je dirais le Laos.
Pourquoi le Laos ? Parce que c’est le pays où je me suis sentie le mieux.
Pas forcément le Laos du sud avec toutes ces belles boucles à faire en scooter, pas Luang Prabang où tout le monde va… (même si c’est sublime et que j’ai adoré aussi ce moment de mon aventure).
Mais je vais parler du nord du Laos où les gens dorment dans des maisons en paille, ils dorment à même le sol, ils te partagent tout, ils te font dormir gratuitement…
Ils t’expriment comme ils peuvent avec la langue des signes et Google Traduction leur façon de vivre et façon de penser… Pourquoi ils sont sur terre, etc.

J’ai vibré, comme si j’avais besoin d’avoir des réponses à mes questions à ce moment-là du voyage : de pourquoi j’étais partie en voyage.
Et de voir sous mes yeux ces gens avec leur sourire, ces câlins…
Tout ça, ça m’a fait vraiment du bien.
Il y a eu des expériences magnifiques au Laos où j’ai été invitée par des enfants qui m’ont pris la main et qui m’ont amenée à une fête géante !
Et pareil quand je me baladais dans un village, on m’a invité spontanément et franchement ça m’a fait chaud au cœur tant de générosité.
Sumatra : une invitation qu’elle n’est pas près d’oublier
Après le Lac Toba, j’avais fait Berastagi.
Et en fait ce qui m’avait un peu émue, c’est que c’était un moment où je suis tombée dans une auberge avec une famille et un guide.
Et fatalement, pour la petite histoire, le mec était musulman et sa femme chrétienne.
Un enfant sur 2 était chrétien et l’autre musulman.
Et donc ce mec me raconte beaucoup beaucoup d’histoires sur Sumatra, mais hyper détaillées.
J’avais l’impression qu’il avait fait le tour de son île Sumatra.
» Wow, c’est intéressant d’écouter un mec comme ça «
Le lendemain, il avait appelé un copain à lui qui nous avait amené (mon copain et moi) dans plein de volcans, des sources d’eau chaudes et des petits endroits où il n’y avait personne.
Et en fait il finit par nous dire qu’il avait écrit la partie du Lonely Planet, au chapitre sur la région de Sumatra.
» Voilà, ce soir il y a une fête dans le village, il faut vraiment que tu viennes, voilà c’est un petit hangar avec tous nos amis.
On s’y rejoint tous les 3 jours. Et ce soir tu es invité «
Et en fait, on est arrivé dans ce « bar », en fait c’était même pas un bar, c’était plutôt un hangar avec 8000 scooters devant…
Vu de l’extérieur, ça faisait même un peu guétapan.
On s’est dit mais wow dans quoi on s’embarque, ça va être un carnage.
Donc, on rentre quand même et là, ça sent la beuh de partout.
On avait connu la Malaisie où on boit pas, on fume pas et là on découvre Sumatra où c’est carrément le contraire.
Je suis rentrée là dedans et tout le monde me regardait de haut en bas.
Et ils étaient choqués.
Et à ce moment-là je capte que je suis la seule femme.
Et j’ai une pensée qui me traverse immédiatement l’esprit :
» Mais en fait je suis pas à ma place, j’ai rien à foutre là ! «
Et ils commencent à nous servir leur alcool local, à parler, à jouer de la guitare, à faire un feu au milieu du hangar, à parler fort.
Moi, je comprenais rien à la langue.
Et à un moment donné, il y a un homme qui m’a traduit sur ton téléphone :
» Tu es la première femme depuis 15 ans à être entrée dans cette pièce «
J’ai halluciné et je me suis sentie très privilégiée.
Ce moment de voyage à Berastagi m’a vraiment marquée.
Je vais aussi prendre l’exemple de Bali… Après la Thaïlande, c’est l’endroit le plus touristique que j’ai pu faire.
Dans des endroits où j’ai eu la chance de réellement pouvoir découvrir Bali d’un autre angle.
Donc, je pense que le paysage est important mais ce que tu vis dans le pays l’est encore plus.
L‘Asie du sud-est, surtout quand tu n’as pas vu ce genre de culture avant : c’est vraiment un choc culturel dans leur manière de vivre, dans leur expérience au monde, tout est différent.
Si tu veux un endroit dépaysant, va en Asie 😉
Si tu as peur de partir toute seule, l’Asie est devenue tellement touristique que tu peux retomber toujours sur tes pieds.
En savoir plus : 6 Destinations pour Voyager Seule pour la Première Fois
Les moments difficiles en voyage : comment les as-tu vécus ?
Trois semaines avec un compagnon de voyage qui ne lui convenait pas
Premièrement, j’ai eu un mec pendant 3 semaines avec moi qui était affreux et je me demandais même pourquoi j’étais partie avec lui plutôt qu’en Nouvelle-Zélande.
Il était radin au possible, qui me réclamait 70 centimes pour une bouteille d’eau pendant que lui s’achetait plein de trucs au supermarché.

Et au milieu du voyage, je lui ai dit de rentrer chez lui parce qu’il me faisait vivre un calvaire et que je n’arrivais pas à profiter de mon voyage.
J’aurais préféré peut être prendre plus mon temps.
Quand ça ne va pas, faire plein d’activités permet de diminuer le mal être.
Une grosse frayeur en scooter en Thaïlande
J’ai une anecdote en Thaïlande d’ailleurs, je me suis fait suivre en scooter dans une boucle en scooter un peu méconnue.
Pendant une heure trente, j’ai flippé, il y avait de la pluie et j‘étais toute seule dans la montagne…
Au bout d’un moment, je me suis arrêtée et je lui ai demandé ce qu’il me voulait.
J’avais pas de réseau donc Google Traduction ne fonctionnait pas.
J’ai fini par me réfugier dans une maison en bord de campagne où une petite dame thaï m’a proposé du thé et des gâteaux…
J’étais stressée mais quand je suis repartie, plus personne ne me suivait.
Et finalement, j’ai adoré mon expérience et ces 6 jours d’immersion en scooter.
Donc je suis très contente de l’avoir fait finalement.
Parce que je pense que sans ça j’aurais jamais aimé la Thaïlande.
Avec le recul, je ne considère pas ces expériences comme horribles, même si j’ai vraiment eu peur sur le moment.
Et la prochaine fois, je partirai avec un budget qu’est plus large que ce qu’il faudrait.
30 euros par jour tout compris et avec tout ce que je voulais faire… C’était pas possible.
C’était très frustrant concernant le stress du budget sur certains moments mais je ne regrette pas du tout. J’ai fait des choses incroyables.
Le manque des proches aussi.
Quand ça va pas, il y a toujours quelque chose qui rebondit et qui te rappelle pourquoi tu es là.
Tu vois, parfois ça allait pas parce que je voulais voir ma famille mais hop je faisais une magnifique rencontre ou j’observais un super paysage.
En Savoir Plus : Comment Gérer la Déprime en Voyage ?
Qu’est-ce que ce voyage t’a appris sur toi-même ?
Toujours suivre son instinct et se faire confiance.
Respirer et prendre les décisions à l’instant T à moins de 5 secondes.
Si j’ai envie d’essayer, il faut y aller.
Il n’y a rien qui est un échec.
Et savourer l’instant présent à 100% vraiment.
C’est bien d’être là pour les autres, mais il ne faut pas que ça empiète sur ta vie.
J’ai aussi appris à m’aimer.
J’ai appris à relativiser. En fait, tranquille, chill : la vie est belle et courte.
Mes parents n’ont jamais eu d’argent, j’ai eu une vie pas facile du tout mais je suis née en France, en Europe et moi je suis en bonne santé…
J’ai la chance d’être en bonne santé, d’avoir reçu une éducation et d’être allée à l’école.
Je la savoure la vie alors qu’avant je ne l’appréciais pas du tout.
Vis là ta vie comme tu as envie de la vivre.
L’important c’est de vivre…
Et la suite ?
Quels sont tes prochains projets de voyage ?
Et puis, bien sûr partir sur les îles françaises, en Polynésie française, au Népal et en Inde.
J’aimerais vraiment partir en Inde pour me prendre un gros choc de culture !
J’ose pas trop y aller en tant que femme seule parce qu’il y a tellement de préjugés.
En plus je suis blonde, blanche… J’ose pas pour le moment.
Mais sûrement plus tard.
J’ai encore plein d’endroits dans lesquels j’aimerais aller.
Quel rêve de voyage aimerais-tu encore réaliser ?
J’ai deux gros projets qui coûtent beaucoup d’argent.
J’aimerais avoir un véhicule aménagé.
Pas un petit fourgon, mais un gros camion pour faire le tour de l’Europe et rejoindre la Chine en passant par le Kirghizstan, la Mongolie et d’autres pays.
Et j’ai pas envie de le faire en autostop ou en transports en commun.
Mais c’est un projet qui va coûter de l’argent car il y a l’achat du véhicule et les frais sur place.
Après un deuxième rêve qui est beaucoup plus réalisable, ce serait de partir en Amérique du Sud, soit Colombie, Pérou, Bolivie, Chili.
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Quel conseil donnerais-tu à la Fanny d’avant son premier voyage ?
Ne fais pas tout en même temps, tu as le droit en voyage de te reposer.
Tu as le droit de ne rien faire de la journée.
Tu as le droit de t’écouter. Ce n’est pas grave.
Et je lui dirais aussi » Fais-toi confiance, va vers les gens et suis toutes tes intuitions «
Lire l’article sur : Comment Développer son Intuition en Voyage ?
Merci Fanny d’avoir répondu avec autant d’enthousiasme à mon interview.
Si tu veux prolonger ta lecture, je te recommande celle de Diego en Nouvelle-Zélande ou encore Eugénie en Tour d’Asie Solo.
N’hésite pas à me laisser un petit commentaire juste en dessous de l’article.






























