Pendant mon tour d’Asie du Sud-est, plus exactement à Malacca en Malaisie, j’ai eu l’occasion de rencontrer Alama et Antoine. Franchement, ça a tout de suite été le coup de cœur tant ils dégagent tous les deux une belle énergie. Ils m’ont expliqué leurs projets et nous avons visité la ville ensemble. Depuis, nous voguons tous les trois sur des routes différentes, mais je suis sûre que l’on va se recroiser. Sans plus attendre, parlons de Midwives Around The World, leur projet inspirant mêlant interviews, traditions, naissances & photographies.

 

 

Psst… N’hésite pas à appuyer sur play. Alama & Antoine ont une sacrée belle énergie !

 

Interview de Alama et Antoine | Midwives Around The World

Pouvez-vous vous présenter et me dire d’où vous venez ?

Bonjour Inès ! Bon, là on a un peu de temps donc on va prendre le temps de répondre à ton interview. Alors, je me présente… Je m’appelle Alama Sylla. (Alama)

Et… Antoine Lassalle. (Antoine)

Quelles sont vos professions actuelles ? 

Je travaille en tant que sage-femme à Londres. (Alama)

Et moi, je travaille en tant que photographe et j’habite à Londres. (Antoine)

 

Alors, entrons dans le vif du sujet… Quel est le nom de votre projet ?

Le nom de notre projet c’est Midwives Around The World. (Alama)

 

Pouvez-vous expliquer votre projet et en quoi il consiste ?

C’est l’occasion de rencontrer des sages-femmes autour du monde et on a eu l’occasion de les rencontrer dans tous les pays qu’on a visités en Asie du Sud-Est. (Antoine)

Et en fait en anglais, MidWives signifie Mid with Wives (femmes en français). Initialement, c’était l’unique but, mais finalement nous avons décidé d’élargir le projet. Nous avons donc inclus les représentants religieux… (Alama)

Mais aussi la communauté autour de la maman donc la famille, les amis ou toutes les personnes qui peuvent encadrer la maman (Antoine)

Et vu qu’en fait on voulait apporter une vision holistique, on s’est aussi intéressé à la culture et à la tradition. Donc, pour la tradition, comme disait Antoine, on pose des questions à la personne concernée c’est-à-dire la maman ou aux parents. (Alama)

Et pour la religion, on aborde toutes les religions donc orthodoxe, hindou, musulmane, orthodoxe, catholique (pas encore rencontré, mais c’est prévu :)), protestant et même témoin de Jéhovah. (Antoine)

Nous sommes partis rencontrer des représentants religieux pour aussi leur poser des questions et savoir également les différences entre la religion et la tradition. (Alama)

 

 

Parce qu’en fait, la religion peut amener des questions sur la tradition ou la culture. Ces deux points peuvent être très liés et en même temps très différents. Je pense que c’est très important de comprendre avec les religions quels sont leurs rapports et quels sont les conseils vis-à-vis de la naissance d’un enfant. (Antoine)

Et moi je serai plus de l’avis que c’est la tradition qui influe et englobe un peu tout. En fait, la base, ce serait la culture. C’est vrai, la culture englobe les traditions et la religion. (Alama)

Tu vois, ce qui est bien, c’est que le débat est toujours ouvert. C’est ça qui est intéressant en fait, c’est qu’on peut ouvrir ce point de vue de tous les côtés et tu auras des réponses différentes, selon chaque personne. Que ce soit un prêtre ou toute autre personne qui croit en une forme de religion. (Antoine)

 

 

Qu’est-ce qui vous a inspiré à entreprendre ce projet ?

Alors pour ma part, qu’est-ce qui m’a inspiré à voyager et en même temps rencontrer les sages-femmes ? En 2018, je suis partie en Birmanie et j’ai fait un trek. Sur le chemin, j’ai rencontré des sages-femmes qui faisaient des visites à domicile. Et j’ai eu un déclic. À ce moment-là, je n’étais pas encore sage-femme.

Je me suis dit : 

 

« Ah ce serait vraiment quelque chose que j’aimerais faire, de voyager et de travailler en même temps » (Alama)

 

Et moi, de mon côté, j’ai toujours adoré voyager. J’ai toujours voulu découvrir de nouveaux pays et faire des rencontres inspirantes. Il y a quelques années en fait, j’avais eu la possibilité de faire le tour du monde et je pensais que le travail était plus important. Finalement, avec Alama, on a parlé du tour du monde et tout de suite j’étais partant. En même temps, je profite donc de réaliser mes photos faisant partie intégrante du projet. Et je trouve ça génial. Comme ça, on peut documenter le projet ainsi que le voyage. C’est l’idéal. Et pour l’inspiration, je la puise dans le voyage en lui-même, que ce soit un voyage en Europe ou en Amérique du sud, etc. (Antoine)

 

 

Sous quelle forme documentez-vous votre voyage ?

On réalise des interviews. Lorsque je fais des interviews, je demande l’accord verbal d’enregistrer parce que je prends des notes écrites et j’enregistre. Ensuite, je fais un travail de retranscription sur Word dans les interviews. J’utilise le combo écrit + Voice Recorder. (Alama)

De mon côté, j’utilise la photographie et la vidéo. À un moment ou à un autre, on utilisera aussi le drone — ça pourrait être intéressant.

Lorsqu’on documente, on s’imprègne du lieu et des personnes ainsi que tout ce qu’on peut découvrir durant l’interview. Finalement, on pose un cadre. Par exemple, où la sage-femme travaille, où les sujets agissent. Les dynamiques changent, que l’on soit en pleine campagne ou au bord de la mer. Ce n’est pas les mêmes difficultés ou avantages. (Antoine)

 


Quels pays prévoyez-vous de parcourir pendant votre tour du monde ?

Je vais te dire les pays que l’on a visités jusqu’à présent… Le projet a commencé au Laos. (Alama)

Après, on a fait la Thaïlande (Antoine)

La Malaisie (Alama)

L’Indonésie 

Et dans quelques jours, on se prépare à aller aux Philippines. Et après, c’est une destination surprise. En fait, on ne s’est pas encore décidé sur la destination après les Philippines. (Antoine)

 

 

Est-ce que partir en tour du monde a été une décision difficile à prendre ou au contraire très intuitive ?

Partir faire le tour du monde a été une décision facile, ç’a été vraiment une question de timing. Une décision très intuitive finalement (Alama)

En fait, la décision a été très rapide, en une minute c’était fait ! Mais c’est plutôt après, c’était surtout de la préparation. Il a fallu économiser de l’argent, prévoir les pays qui nous intéressaient. On s’était basé sur l’idée de ne pas refaire les pays qu’on a déjà vus. On a quand même fait la Thaïlande que Alama avait vue. Moi, je ne l’avais jamais fait. C’était important. Aussi, on voulait passer de pays en pays avec des bus ou tout autre moyen de transport dans le but d’éviter au maximum l’avion. Et pour l’instant, jusqu’aux Philippines, on a réussi à faire ça. Par contre, pour les Philippines, on est obligé de prendre l’avion. On va le prendre cette semaine. (Antoine)

 

Quelle est votre destination préférée jusqu’à présent ? 

Avec tous les pays qu’on a faits jusqu’à présent, pour ma part, mon préféré est le Laos. Ce pays m’a le plus intéressé pour deux raisons : 

  1. C’était la première fois que j’ai réellement commencé à faire les interviews avec les sages-femmes. Et également la première réponse que j’ai eue pour travailler avec elles en ce qui concerne mon projet de vaccination des femmes et des enfants.
  2. Ce qui m’a aussi beaucoup intéressé était de voir la tradition au Laos. Elle est beaucoup plus marquée que dans les autres pays. En tout cas dans les pays que l’on a faits en Asie du sud-est. (Alama)

De même pour moi, le Laos a été une vraie surprise. On a rencontré de belles personnes avec une superbe énergie. Les couleurs sont splendides et j’ai pu en profiter pour m’éclater au niveau de la photo & vidéo. Les paysages étaient vraiment différents entre le sud et le nord du Laos. C’était vraiment très agréable. On a aussi très bien mangé. J’ai trouvé qu’en termes de transport c’était très facile. On a fait aussi de très belles marches au nord du Laos. On s’est promené dans la jungle. On a fait du kayak. On a plein de petits souvenirs sympas.

J’ai fait de la zipline à 200 mètres de haut où c’était bien flippant, mais très drôle. Avec Alama, on fait des balades en scooters dans de très beaux paysages et on s’en souvient encore aujourd’hui. Et surtout, encore une fois : les belles rencontres en voyage. C’est vrai, que notre projet et les interviews nous ont donné l’opportunité de rencontrer des familles laotiennes. Dans d’autres pays aussi, c’est vrai. Mais au laos, il y avait une vraie proximité avec les locaux. C’est vraiment cette partie-là qui était la plus agréable. (Antoine)

 

J’imagine que vous avez eu des rencontres inspirantes lors de vos voyages ? 

Au niveau des rencontres, toutes celles que l’on a pu faire ont été très inspirantes. Vraiment, moi, à chaque fois que je fais des interviews, ça me… Je me sens vivante, quoi ! Je sens l’énergie circuler, je sens que c’est vraiment ce que j’aime faire. Et le partage… C’est vraiment nourrissant et énergisant. Franchement, toutes les rencontres que l’on a pu faire ont été vraiment inspirantes. Le projet qu’on est en train de nourrir avec Antoine, c’est vraiment pour moi ce qui me fait me sentir à ma place. Après effectivement, la rencontre qui m’a fait « wow », ça été en Thaïlande avec une sage-femme qui a été très orienté sur l’allaitement. Et qui avait un bon contact avec les parents, donc la mère et le mari avec le bébé. Et ça, vraiment, je me retrouve dedans. Parce que c’est vraiment comme ça que j’ai envie de travailler et d’orienter ma profession. J’ai envie d’être à l’écoute, disponible, et d’être présente pour les parents quand ils en ont besoin. (Alama)

Pour moi ça été la découverte des pères de famille qui en fait était très proche de leur enfant, bébé et de leur femme/partenaire. Avant la naissance aussi, ils étaient très attentionnés. Et, je ne dirai pas que c’était une surprise, mais en tout cas, c’était très agréable à voir et grâce à ça j’ai pu réaliser de belles photos. C’était vraiment un plaisir à voir et des émotions à partager. (Antoine)

 

 

Et… est-ce que tu veux parler des filles à vélo ? (Alama)

Ah ! Oui, inspirantes… Là on sort du cadre de Midwives et c’est plus par rapport au voyage, mais ouais carrément. Les deux Françaises qui ont fait Paris jusqu’à Tokyo en vélo. C’était vraiment une belle rencontre d’aventure et de voyage en dehors du projet. Et elles avaient déjà fait 10 000 km à vélo et c’était vraiment top ! Je pourrais bien faire 10 kilomètres avec elles en vélo, mais je ne ferai pas plus… C’était beau et c’était une belle soirée de rencontre + expérience. (Antoine)

 

SIA Québec FAQ

Pour en savoir plus sur ces deux aventurières : Instagram tracer. traverser

13 livres à lire sur le voyage et le dépassement de soi

Et finalement, ce qui est inspirant, c’est les personnes qu’on rencontre et qui font leur tour du monde avec un projet derrière. Parce qu’en fait quand on dit aux gens qu’on fait un voyage autour du monde, on pense qu’on va se lever tous les jours à 11 h et profiter de la plage. Mais, ce n’est pas que ça. Quand on a un projet comme les filles à vélo qui ont fait Paris-Tokyo, comme toi, qui voyage et qui écrit pour des agences de voyages ou qui développe un blog en même temps.  C’est beaucoup de remises en question, de doutes et en fait malgré la peur d’avancer, on essaye de faire preuve de courage face à l’adversité.

Toutes ces personnes-là avec qui on a pu partager en fait les moments de doutes, de difficultés et de « je ne sais pas ce que je dois faire », « là je suis un peu perdu ». Même si effectivement, on est dans un pays paradisiaque, en fait, on vit les mêmes tourments que l’on pourrait vivre dans notre quotidien. Et justement, on est constamment poussé en dehors de notre zone de confort, car on n’est pas à la maison, on n’a pas nos amis proches à disposition et on continue d’avancer. (Alama)

Et on se bat contre nos démons ! Chacun a ses démons sous différentes formes et c’est vrai que c’est agréable de pouvoir le partager. Et finalement de les surmonter. Ce qu’on est en train de faire et ce que l’on fait depuis le départ, c’est vraiment aussi un développement personnel en même temps qu’un projet sur le monde. Notre cœur s’ouvre au monde et le monde s’ouvre à notre cœur. C’est vraiment que du bonheur. (Antoine)

C’est beau ! (Alama)

 

Où peut-on suivre votre voyage et en savoir plus sur votre projet ?

On documente notre voyage sur les réseaux sociaux sur plusieurs plateformes :  Instagram, TikTok, LinkedIn et Facebook. (Alama)

Sur Instagram #AlamaCare

Et moi, j’utilise Instagram : #AntoineLphotos et Getty Images pour les photos (antoinelassalle)

Mon site internet : antoinelphotos.com

 

Quels sont vos projets pour la suite de votre aventure ?

Pour la suite immédiate du projet, ce sera le 25 octobre donc là on part pour les Philippines. Sur du moyen terme, ce serait de partager les interviews et les échanges que l’on a eus sur les réseaux sociaux sur les différentes plateformes. Enfin, sur du plus long terme, ce serait de préparer des programmes de formation et d’éducation. Aussi bien pour les personnels de santé pour implémenter l’approche culturelle dans les soins et également de faire reconnaître les différentes cultures, en parler et comment la culture impacte notamment sur les soins. En fait, mettre en œuvre des moyens pour construire un pont dans notre communication. Et aussi de poursuivre notre aventure sur d’autres continents. (Alama)

… Sur d’autres mers ! 

Et ouais, exactement. Les Philippines, on a hâte ! Ça va être une superbe destination et je pense que ça va être encore de nouvelles découvertes et de très belles rencontres. C’est vrai que la belle partie de ce projet, c’est que l’on peut aussi transformer finalement une ville ou un lieu que l’on ne trouve pas intéressant au début. Mais grâce au projet et au métier d’Alama, grâce à notre énergie, j’imagine… On peut rendre une ville très intéressante avec de très belles possibilités. Oui, j’ai vraiment hâte d’aller aux Philippines. Puis dans l’avenir, pourquoi créer un livre, des photos et vidéos ? Les imprimer et réaliser une expo. Pour le projet à long terme, découvrir de nouveaux continents et opportunités… Des nouveaux couchers de soleil. (Antoine)

 

 

Avez-vous rencontré des défis lors de vos voyages et comment les avez-vous surmontés ? (organisation, manque de temps, pays compliqués ?)

Dans le voyage, ce qui a été difficile pour moi, c’était l’impossibilité d’être en contact avec les sages-femmes. Par exemple, en Malaisie, je n’ai pas eu la chance ou l’opportunité de rencontrer des sages-femmes parce qu’en fait ils demandaient des autorisations. Je peux le comprendre… Donc on se déplaçait de bureau en bureau pour présenter notre projet et on a envoyé de nombreux emails. Finalement, nous n’avons jamais eu de réponse. C’était très frustrant. Ce que je demandais n’était pas politique, c’était juste de rencontrer les sages-femmes et de réaliser une interview qui dure une heure en général. C’était très dur et c’est justement à partir de ce moment-là qu’on a réalisé qu’on devait étendre le projet et inclure l’entourage : par exemple les parents. Je remercie aussi Antoine qui m’a soutenu pendant ces moments-là. Je disais précédemment que pendant ces moments, je me suis sentie rejetée, incomprise et pas légitime. J’ai trouvé ça injuste. Heureusement, avec Antoine, on a des personnalités différentes et du coup des points de vue différents. C’était la bouée et la bouffée d’oxygène et on a continué d’avancer. (Alama)

Pour moi, ç’a été de d’organiser mon travail. J’ai une entente avec GettyImages pour pouvoir présenter mes images et les vendre dans le futur. C’était une complication de prendre le temps après le projet Midwives et en plus nos voyages. C’était un de mes petits démons de consacrer du temps à mes photos pour les trier et les présenter sur les réseaux et sur le site de GettyImages. 

Pour le reste, on a également compris qu’on allait manquer des choses et que ça pouvait arriver. Par exemple, on pouvait manquer de réaliser des interviews, d’être refusé et donc pour finir de ne pas prendre les choses trop personnellement, d’être plus ouvert et positif sur les prochaines opportunités. 

Et aujourd’hui, on est tous les deux, au sud de Bali, devant un magnifique coucher de soleil, c’est ça le tour du monde. C’est des petits moments comme ça qui n’ont pas de valeurs.

L’aventure est difficile, mais on termine toujours devant un beau coucher de soleil. (Antoine)

Et le matin, le soleil finit toujours par se lever quoi qu’il arrive. Après, je rebondis sur les propos d’Antoine en termes d’organisation. En ce qui concerne le voyage, il y a toujours le fait d’aller à la rencontre des personnes qu’on interviewe comme on l’a dit précédemment. C’est les professionnels de santé, les familles, les représentants religieux. Ensuite, il faut documenter ces échanges et les partager sur les réseaux sociaux. Tout cela prend quand même du temps. Et par-dessus tout ça, il faut qu’on profite des pays où l’on voyage.

C’est vrai qu’on a mis du temps à comprendre cette dynamique et à s’organiser en conséquence. Surtout pour ne pas avoir l’impression de toujours : courir, courir, courir. Et d’accepter : que oui, il faille du temps pour tout. Parfois, il faut juste se poser, arrêter d’être toujours en mouvement et se poser. C’est nécessaire pour se reposer mentalement et psychologiquement. Et prendre le temps de bien documenter pour ensuite le partager sur les réseaux sociaux pour créer de la visibilité sur notre projet. Quand on expose ce qu’on fait, on doit aussi faire face à la critique, et ça, ce n’est pas toujours évident. Pour le moment, je n’ai pas encore pris le temps de partager les interviews jusqu’à présent. Mais soyez patient, ça arrive ! (Alama)

Ça va arriver ! (Antoine)

 

 

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui souhaite entreprendre une aventure similaire ?

Au niveau du voyage, mon conseil serait : si on a envie de le faire, et que c’est le bon moment, faites-le. Après, comment sait-on que c’est le bon moment ? Les choses sont fluides. On n’a pas besoin de forcer, c’est fluide. Pour ce qui est du projet, quand on a des phases de doutes, mon conseil serait de se rappeler : comment je me sens quand je rencontre les personnes ? Comment je me sens quand je leur pose des questions ? Quand je fais l’interview… Cette excitation et ce « wowww, merci beaucoup pour le temps partagé ». C’est de me le rappeler, comme ça, je me mets dans cet état-là et comme ça, quand j’approche les gens et que je fais l’interview, je donne déjà cette énergie avant qu’ils me la donnent. (Alama)

 

 

Pour moi, le petit conseil, ce serait « si vous avez envie de le faire, faites-le. Il faut trouver la bonne vitesse, chacun voyage de différentes manières à différentes vitesses. Notre projet était de partir 1 mois par pays et faire différents continents. Finalement, on s’est rendu compte qu’entre notre projet et le voyage, 1 mois ne suffirait pas. En fait, en moyenne, on a fait 2 mois par pays. On a finalement choisi l’Asie du Sud-est et c’était avec beaucoup de bonheur. Il n’y a pas de déception de ne pas avoir voyagé sur les autres continents, car c’est le projet d’une vie. Ça fait partie de notre découverte. Il y aura d’autres opportunités et rencontres plus tard. Donc, il faut trouver la bonne vitesse : ne pas aller trop vite pour ne pas avoir l’impression de toujours faire les bagages et de passer de ville en ville. Accepter de ne pas voir certaines choses et ne pas avoir peur de manquer. 

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La deuxième chose aussi, je dirai de suivre son instinct. À ce niveau là, avec Alama, je trouve qu’on a été très bons. Il y a des moments où on ne le sentait pas et même à la dernière minute, on ne l’a pas fait. Une fois au Laos, en partant d’une auberge, finalement, Alama se sentait bien et on s’est dit « Pourquoi on ne reste pas ? » Donc finalement, on a demandé au taxi de faire demi-tour et de rester plus longtemps. Quand tu l’apprécies quelque part, profites-en ! Et ne pense pas trop que ça va être mieux demain. Non, ce ne sera pas mieux demain. Le moment c’est aujourd’hui. Aujourd’hui, est-ce que tu apprécies où tu-es ? Est-ce que tu as envie de rester plus longtemps et ce genre de choses. Ne pense pas : « oh la prochaine destination je suis sûr que ce sera mieux et qu’il y aura de meilleures choses ». Profite de là où tu es et d’apprécier surtout la compagnie et les rencontres que tu fais, avec qui tu es. (Antoine)

 

Quel est le plat le plus étrange que vous avez goûté lors de vos voyages ?

Alors le plat le plus étrange… Je n’ai pas essayé tout ce qui est cafard, même le durian je ne l’ai pas essayé. Par contre, ici, le plus étrange, c’est le fromage ! Tout ce qui est à base de fromage, c’est sucré… Donc voilà ! Je ne sais pas vraiment ce qui s’appelle fromage pour eux. En tout cas, la plupart du temps c’est sucré. Peut-être qu’en Asie du Sud-est, le fromage veut dire sucre. (Alama)

Pour moi, c’est un peu la même relation qu’Alama, mais avec le pain. Le pain est très sucré. J’ai été surpris même quand tu achètes de bonnes baguettes de pain — il y a toujours un arrière-goût sucré. Quand ça devrait être salé, c’est quand même sucré. Donc, c’est un peu étonnant ! J’ai goûté le durian, je pense que c’est blanc ou noir, tu adores ou tu détestes. Personnellement, je n’en ai pas mangé à nouveau et ça m’allait très bien. Par contre, ce fruit pue, c’est clair ! (Antoine)

 

Quelle est la chose la plus drôle qui vous soit arrivée lors de vos voyages ?

Franchement, il se passe des trucs drôles tous les jours ! Mais là le fou rire le plus récent… (rires). On a rencontré un couple de Canadiens/Péruviens et on parlait des clichés de chaque pays. Donc, elle me parlait de sa mère au Pérou qui avait froid. Je l’imaginais tout de suite avec le bonnet péruvien, toutes les couleurs, l’écharpe, la flûte en bois et le lama à côté. Et on a rigolé quoi ! Pareil, avec le Canada ! Avec les ours et les caribous. On s’est tapé des délires sur les clichés que l’on a sur les différents pays. (Alama)

 

 

Et pour moi, c’était un autre moment, la rencontre d’une fille dans un restaurant en Asie. On lui avait servi de l’eau et elle utilisait l’eau dans son plat. Elle pensait que c’était un genre de sauce. Le serveur est venu à la table, choqué, en disant « qu’est-ce que vous avez fait avec l’eau. C’était fait pour nettoyer les couverts ou nettoyer tes mains ! » Elle a alors expliqué qu’elle avait mis l’eau dans le plat. Le serveur n’y croyait pas et a fait des yeux énormes. On était mort de rire. C’était très drôle. (Antoine)  

(rires)

Ça aussi, ça peut être un cliché… Les Français qui vivent en Asie !

Voilà, merci, Inès, de nous avoir donné du temps et de l’espace pour réfléchir encore sur notre voyage qu’on apprécie à chaque instant. Et je te dis à bientôt (Alama).

Merci Inès, très bonnes questions, très bonne interview et bravo l’artiste ! (Antoine)

 

En savoir encore plus sur le projet : Photos d’Antoine sur Getty Images

 

Merci d’avoir pris le temps de parler avec nous et de partager vos expériences. J’ai hâte de suivre votre voyage et de voir où il vous mènera. <3

N’hésite pas à partager cette interview autour de toi pour diffuser de belles ondes ! Pour retrouver, d’autres interviews de personnes inspirantes, je te recommande de lire l’interview de Marco : du Chili à la Russie avec son fils et celle de Jeanne, Artisane de la laine au Québec.

 

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Cet article a 4 commentaires

  1. Trumel

    Excellent interview, Belle rencontre passionnante de ce couple. Bravo 🤩

    1. Ineys

      Merci pour ton commentaire et d’avoir lu ! 🙂
      Génial

  2. Mario

    Passionnant et bien écrit, belle rencontre, merci de l’avoir partagé Inès 👏👏👏