Aujourd’hui, j’ai eu l’occasion d’échanger avec une exploratrice intrépide, une adepte des aventures en solitaire qui a parcouru le globe pendant des décennies. À 74 ans, Mona a dédié sa vie au Voyage, plongeant dans des aventures en solo dans des contrées lointaines, notamment en Asie, continent qu’elle adore par dessus tout. 

Si tu lis l’interview, tu en apprendras plus sur son parcours, ses aventures en Inde et en Indonésie, mais aussi sur l’île de Pâques au Chili, en Amérique Latine, en Chine, aux Philippines…

Son interview m’a beaucoup inspirée. Nous avons parlé pendant 1H30. J’ai donc construit l’article en 2 parties pour que ce soit plus court et agréable à lire pour toi. C’est parti.

 

 

Présentation de l’ensemble de l’interview

  1. Premiers voyages en mode routard (partie I)
  2. Des rencontres décisives pendant ses voyages (partie I)
  3. Mona sur les routes de l’Inde (partie I)
  4. Avis sur l’Indonésie et le pays Toraja (partie II)
  5. L’Amérique Latine en sac à dos et trek sur l’île de Pâques (partie II)
  6. Conseils & recommandations aux voyageuses (partie II)

 

Lien vers l’audio (interview complète) : à télécharger (vraiment facile) ici : INTERVIEW MONA

 

Partie I. Interview Mona, l’Aventurière (avec un grand A)

Peux tu te présenter rapidement (situation professionnelle, âge, en couple ?)

 

Inès : Bonjour à tous, on est en direct, avec Mona. On est à Luang Prabang dans la plus belle ville du Laos.

Mona : Eh bien bonjour, Inès. Oui, je m’appelle Mona. J’ai eu 74 ans avant hier. 

Inès : Joyeux anniversaire encore 🙂

 

Où vis-tu ? Où es ton camp de base en quelque sorte ?

Mona : Oui, on a bien fêté. Et je vis au Québec.

Inès : Très bien. Le Québec est ton camp de base en quelque sorte. 

Mona : C’est là que je suis née et c’est là que je retourne. J’aime bien. Un bel endroit.

Inès : Et c’est où précisément au Québec ?

Mona : Je vis à Chelsea qui est une toute petite municipalité. En fait, c’est un gros village près de la frontière ontarienne, à 15 minutes de la capitale d’Ottawa et du parlement canadien. Mais nous vivons en forêt avec mon conjoint.

Inès : Comment s’appelle ton conjoint ?

Mona : Il s’appelle Bernard et nous vivons dans le seul parc fédéral au Canada où on peut habiter. Et donc on a une maison là-bas dans le bois avec des ours et des chevreuils, des cerfs de Virginie autour de la maison.

Inès : Wow, génial. C’est dans l’Outaouais. La région de l’Outaouais. J’aimerais y aller un jour.

Mona : Tu viendras, tu seras toujours la bienvenue.

Inès : Merci beaucoup.

 

>> Lire l’article 24 destinations méconnus à explorer au Québec

 

Premiers pas en mode routarde, à l’époque

Je rentre directement dans le vif du sujet. Qu’est-ce qui t’a motivée à te lancer dans les voyages en solo il y a 30 ans ? Je sais que tu as commencé à voyager à l’âge de 21 ans.

 

1971, Mona est à gauche, 21 ans. Premier voyage à l’étranger seule… Enfin, partie avec une copine qu’elle a largué après quelques semaines… Longue histoire. Ici, en stop entre Paris et Madrid, quelque part dans les Pyrénées… Sûrement en Andorre.

 

 

Mona : Oui, c’est vrai. Mais je ne suis pas partie seule la première fois à 21 ans. Je suis partie avec une copine. Faut dire qu’en 1971, c’était pas comme aujourd’hui. Les jeunes voyagent facilement surtout avec les guides de voyage : le routard, Lonely Planet, tout ça. Et maintenant, avec internet c’est beaucoup plus facile.

Inès : Google Maps !

Mona : A l’époque, lorsque j’ai commencé à voyager en 1971, tout ça n’existait pas. Même les guides de voyage. Je pense qu’il y avait le guide Michelin. Mais c’était pour les trucs beaucoup plus cher. 

Inès : L’annuaire (rires)

Mona : Ouais. Pour les routards, ben, on partait si on avait la chance de trouver une carte du pays où on allait. Ça pourrait nous aider. Sinon, on partait et on avait rien. On se déplaçait en parlant aux gens. C’est comme ça qu’on obtenait nos renseignements.

Inès : C’était un voyage plus “débrouille”

Mona : Absolument, et c’est pourquoi à l’époque, c’est une des raisons parce qu’il y en avait plusieurs : mais les gens voyageaient beaucoup moins. Et c’était d’autres gens qu’on croisait beaucoup. Par exemple, je faisais la réflexion à quelqu’un, il n’y a pas longtemps. On a rencontré un américain hier, ça fait un mois et demi qu’on voyage. C’est notre premier américain. 

Alors qu’à l’époque en 71, les jeunes américains voyageaient beaucoup. Mais aussi les allemands, les italiens, les espagnols, les anglais et les français bien sûr. Voilà, c’est à peu près ça. Les chinois et les russes, le bloc de l’est ne voyageaient pas. Et aujourd’hui, c’est complètement autre chose.

Inès : C’était plus le monde occidental qui voyageait finalement.

Mona : Oui, mais pas dans tous les pays. Les espagnols, les portugais ne voyageaient pas. C’était vraiment réservé à quelques pays. Les hollandais voyageaient beaucoup aussi. La classe moyenne était sans doute plus grande. Il fallait quand même avoir quelques moyens même si ça coûtait pas cher. C’était l’idée de partir comme ça à l’aventure sans rien. Et de trouver une auberge de jeunesse : il n’y en avait pas partout… Et de se loger chez l’habitant. En plus, quand on ne parle pas la langue…

Inès : C’était vraiment la définition du routard.

Mona : C’était l’aventure.

 

1972, Agadir, Maroc

 

Qu’est-ce qui t’a le plus passionné pendant toutes ces années à voyager seule malgré que tu n’aies pas toujours voyager seule ?

Mona : Oui, en 71, je suis partie avec une copine que je connaissais très peu. Et au bout de 3 semaines on s’est rendu compte qu’on était peut être pas faites pour voyager ensemble. Et donc, on s’est dit au revoir. Je lui ai dit au revoir. 

Et j’ai continué toute seule. On avait rencontré justement un australien et un néerlandais au Maroc et ils ont décidé de m’accompagner. Elle est partie avec quelqu’un d’autre. Voilà. Après, j’ai quitté ces deux personnes et continué toute seule.

Ça m’a quand même donné confiance. J’ai fait ça à plusieurs reprises. Partir avec quelqu’un, ne pas terminer ce voyage avec cette personne là pour toutes sortes de raisons. pas nécessairement parce qu’on ne s’entendait pas. Mais parce que l’autre avait d’autres obligations. Et moi, je continuais seule.

Ca s’est fait petit à petit en fait, jusqu’à ce que je parte seule.

 

1990, Cu Chi, Vietnam. Tunnels Vietcong

 

 

>>> Lire l’article Mini-Guide pour Voyager Seule

 

Inès : D’accord, et après c’était de ton plein gré. Tu as décidé de partir seule.

Mona : Et ce qui est arrivé pour me motiver à partir seule de A à Z c’est qu’au fil du temps, les amis avec qui je voyageais, se sont posés, ont eu des enfants. Et moi, je continuais de faire la même chose… Parce que c’est ça que j’aimais faire. 

Inès : Oui, c’était ton mode de vie.

Mona : Comme il n’y avait personne pour m’accompagner. J’étais placé devant un choix. Soit je restais à la maison, je me mariais et je faisais des enfants, mais c’était exclu. Donc j’ai choisi de continuer de voyager seule. Voilà.

Inès : C’était à partir de quel âge que tout le monde se mariait et commençait un autre type de vie ?

Mona : C’était vers la bonne trentaine. Et évidemment, je ne suis pas partie chaque année car il y avait des obligations. Des obligations scolaires, professionnelles, familiales. 

J’ai grandi comme fille unique avec des parents, un oncle, une tante. Et donc, quand ils ont eu besoin de moi, j’étais là pour eux. Et il y avait d’autres histoires aussi. Mais, de façon générale, je restais dans l’Outaouais. Et aussi deux ans dans la ville de Québec, Québec que j’ai fini par trouver très petite.

Inès : 500 000 habitants je crois. On dit souvent que c’est un village Québec –

Mona : Et je le confirme. 

 

2 décembre 1991, jour du 42ème anniversaire de Mona à Lijiang, Yunnan – Chine

 

Peux-tu nous raconter une expérience de voyage en solo qui t’a le plus marquée jusqu’à présent ?

Mona : Il y en a eu plusieurs. Mais une m’a beaucoup marqué. C’est sans doute le fait d’avoir rencontré un vieux professeur chinois retraité, passionné par l’enseignement alors qu’il travaillait comme volontaire bénévole dans une école d’un bled perdu (à l’époque en tout cas – plus maintenant) : Jinghong dans le Sichuan Bannan tout à fait au sud de la Chine. C’est une province qui jouxte le Myanmar, le Laos et le Vietnam aussi je crois.

C’était à l’époque, le sud des minorités. Maintenant, les chinois ont d’autres projets pour cette région… J’en ai fait la connaissance, donc… de Peter Wein. J’étais dans un guesthouse pour étranger. Il y avait une poignée de backpackers. C’était en 1991. Les backpackers parlaient entre eux. Il faisait le tour des voyageurs pour essayer de trouver des étrangers prêts à parler anglais à ces étudiants. Et ça énervait tout le monde. Donc, quand Peter arrivait, tout le monde partait. Moi, ça m’a intrigué et intéressé. Quand Peter Wein est arrivé. Je lui ai dis : 

 

“ Moi ça m’intéresse de parler anglais dans votre classe. “

 

 

J’ai fait ça pendant 3 jours. Et ensuite Peter Wang s’est donné un prénom anglais comme beaucoup de chinois le font pour rendre la vie plus facile aux étrangers. On s’est écrit pendant un an et demi. Lui est retourné au Sichuan, dans sa province natale. Il a continué de faire du bénévolat. Mais cette fois dans une compagnie de gaz et de pétrole, dans un endroit qui s’appelle Sealing, entre Chongqing et Chengdu au Sichuan. On s’écrivait et il m’a dit : 

 

“ On aimerait bien t’avoir comme prof si ça te tente “

 

Il voulait me recruter pour enseigner à leur personnel : ingénieurs, informaticiens, traducteurs et profs d’anglais qui travaillaient dans l’entreprise.

 

Inès : Et là, pendant ce temps-là, tu voyageais seule en Chine ? 

Mona : Non, j’étais au Canada. Je voyageais seule en Chine quand j’ai connu Peter Wein. Donc, on a fait les modalités pour que je sois recrutée. 

 

 

Expérience 1 : La Chine

Donc début 1993, je suis repartie pour la Chine mais cette fois dans le but d’enseigner dans cette entreprise de gaz et de pétrole qui faisait affaire avec des texans et des albertains. On ne s’attendait pas à ce qui ni l’un ni l’autre apprennent le mandarin. 

Donc, on espérait que les employés de la compagnie puissent se débrouiller en anglais. Ces gens là à qui j’ai enseigné l’anglais pendant deux mois avaient étudié l’anglais pendant 7 ou 8 ans. Ils connaissaient leur vocabulaire et grammaire parfois mieux que moi ! Mais ils ne pratiquaient pas l’anglais. Ils ne parlaient pas pour ne pas perdre la face. 

Ils ne voulaient pas prononcer un mot d’anglais. Alors mon rôle donc, c’était de les faire parler. Et ça a marché, je suis restée deux mois. Et puis, on s’est bien amusé. C’était une expérience formidable pour moi. 

 

1993, Suining, Sichuan – Chine Enseignement de l’anglais dans une compagnie gazière. En compagnie de mes étudiants et leurs familles

 

Expérience 2 : Cuba

Et ce n’était pas la première fois que j’enseignais à l’étranger. Je l’avais déjà fait à la Havane à Cuba dans un tout autre contexte. Mais c’était tout à fait autre chose, je faisais une thèse au début des années 1980 pour faire une maîtrise en développement international. 

Un des sujets de ma thèse, c’était Cuba. Et donc, ma thèse portait sur les répercussions socioculturelles et économiques de l’ouverture du tourisme à Cuba après la révolution. C’est une compagnie voyagiste canadien qui s’appelait Unitour et qui n’existe plus maintenant. Mais cette agence avait ouvert le tourisme entre Cuba et le Canada car Pierre Elliott Trudeau et Fidel Castro étaient copains. Le père de Justin Trudeau. 

1987, La Havane, Cuba Enseignement de l’anglais dans le secteur touristique pendant que Mona fait sa thèse de maîtrise en Développement International

 

>> Lire Article : 16 infos utiles à savoir avant de partir à Cuba

 

 

Le Canada avait toujours soutenu Cuba pendant l’embargo américain. Le Canada et le Mexique étaient les deux seuls pays des Amériques qui ont continué à soutenir Cuba après le débarquement de la baie des cochons : l’arrivée des Russes et la crise des missiles et l’embargo américain. Le Canada n’était pas membre et était juste là à titre d’observateur. Il pouvait continuer d’avoir des relations avec le Canada alors que tous les autres pays dont l’Amérique latine ont été obligés de rompre leurs relations. 

Le Mexique, qui lui, est fier et indépendant, eux ont gardé leur relation. C’est pour cela que les cubains ont accepté que j’aille là-bas faire ma thèse et mes recherches. Que j’interview des gens. Pour que ça ne me coûte pas trop cher, je leur ai proposé d’enseigner le matin et de faire ma thèse l’après midi.

Inès : Des journées bien chargées.

Mona : Ces deux expériences m’ont marquées car c’était deux pays très difficiles d’accès, surtout à l’époque pour des étrangers. C’était en 1986 pour Cuba et c’était avant le départ des russes. Et pour la Chine, c’était en 1992 et encore très compliqués d’accès sauf si on avait la chance d’y travailler.

Inès : Et justement, est-ce que c’est ça que tu aimes pendant tes voyages ? L’accès à des populations méconnues ou difficiles d’accès ?

Mona : Oui – C’est très important pour moi mais ce n’est pas la seule chose. J’aime beaucoup faire de la randonnée, découvrir des paysages mais évidemment rencontrer la population. C’est l’âme d’un pays.

 

Expériences de Voyage en Solo

As-tu eu des moments de peur ou de doute quand tu voyageais seule ?

 

Mona : De peur… Pas vraiment. Ah si peut être… En Afrique un soir…. J’étais pas toute seule, j’étais avec une australienne que je venais de rencontrer à Harare au Zimbabwe. Et tout le monde nous avait mis en garde contre la Zambie. Mais nous, on a pas écouté et on était en stop en plus. On venait d’arriver à Lusaka, et c’est le seul pays de l’Afrique de l’est et austral où je me suis promenée. 

Je voyageais essentiellement seule et je faisais beaucoup de stop. Mais c’est le seul endroit où je me suis rendue compte que j’étais vraiment pas de la bonne couleur. Les gens nous regardaient dans la rue, mon amie et moi y crachaient par terre. Il y avait une vibration extrêmement négative. Et là, on s’est rendu compte que tous les conseils qu’on nous a donné dont on a fait fi, c’était bien réel. on aurait dû les écouter.  

Mais finalement, tout s’est bien passé – il y a eu quelques moments où on s’est senti…

 

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Inès : Pas en sécurité.

Mona : Pas en sécurité mais finalement il n’est rien arrivé. Pour ce qui est des doutes… Ça m’est arrivé aussi. 

Ah, il y a une autre fois où j’ai eu peur mais je sais pas si tu vas le mettre dans ton entrevue. Là, j’ai eu vraiment peur. C’est sur l’île de Nias au large de Sumatra en 1991.

Inès : J’ai failli y aller (rires)

Mona : En 1991, il n’y avait pas de touristes en Indonésie. Parce que la première guerre du golfe entre les Etats-Unis et l’Irak s’est déclenchée pendant qu’on était là. La guerre se préparait. Tout le monde était au courant. 

Donc, très peu de touristes ont décidé d’aller dans le plus grand pays musulman de la planète cette année là. Les indonésiens étaient absolument désespérés parce qu’ils avaient empruntés pour améliorer leurs offres touristiques : les restaurants, les guesthouses, etc. Alors il y avait des hôtels partout… 

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Inès : Même sur l’île de Nias à Sumatra ?

Mona : Partout, partout. Peut-être pas à Bali, car ils ne sont pas musulmans mais hindous. Mais ailleurs, où il y a une prépondérance musulmane, oui. 

Inès : Mais donc, tu as quand même décidé d’aller sur l’île de Nias.

Mona : Oui, j’avais rencontré un anglais par hasard sur l’île de Samosir au Lac Toba. Et on a décidé de se rendre sur l’île de Nias ensemble. On est arrivé là et alors que normalement il y avait environ 600 touristes sur la plage etc. On était tout juste une dizaine ! 

Et les Indonésiens étaient vraiment désespérés. Et avec le copain anglais, on n’avait jamais essayé ça. Mais dans toutes les auberges, ils proposaient des omelettes aux champignons… mais magiques !

Et on n’avait pas essayé. Et on était là sur la plage, c’est cool, on se commande une omelette aux champignons. Sauf que l’anglais avec qui je voyageais était pas mal plus costaud que moi. Et la répartition des champignons dans l’omelette, c’est très aléatoire… Alors, je ne sais pas si j’ai mangé beaucoup plus de champignons ou avec ma corpulence etc. Mais j’ai fait un bad trip. 

…L’ultime bad trip.

Inès (rires) : Sur l’île de Nias !

Mona : Je suis devenue extrêmement paranoïaque, mais totalement… Et au lieu d’aller marcher, et peut être redescendre un peu plus rapidement… Je suis allée me cacher dans ma cabane en paille avec cet anglais que je connaissais depuis une semaine. Donc là j’ai commencé à me dire : 

 

“ Je ne connais pas ce type “ , “ Mais qu’est-ce que je fais là ?”

 

Enfin bref, une crise de paranoïa.

Et là, cependant, j’ai tiré une grande leçon. Alors que j’avais déjà fumé, un peu d’herbe, de hash ici et là au cours de mes voyages. Là, j’ai juré que si je sortais de là vivante, c’était la dernière fois que je consommais une substance qui me faisait perdre la tête si j’étais pas chez moi.

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Inès : Je crois qu’au lac Toba, ils continuent de faire ça aussi, les omelettes aux champignons…

Mona : C’est bien possible, mais ils feront ça sans moi (rires)

Inès : Super intéressant. Donc tu as réussi à surmonter ces moments de doutes et de peurs finalement.

Mona : Les doutes, oui, par rapport au voyage solo, tu veux dire ?

Inès : Oui, voyager comme mode de vie.

 

>> Voyager comme mode de vie : les difficultés

 

 

Mona : Par rapport aux choix de vie et à s’installer par exemple j’ai jamais eu de doutes là dessus parce que j’aimais ça.

Inès : Oui, c’était ton chemin de vie et tu l’as choisis.

Mona : J’ai ma meilleure amie, décédée aujourd’hui malheureusement – qui disait toujours :

 

“Quand on voyage seule, vit seule, il n’y a personne pour nous influencer donc de toute évidence – ce qu’on fait, c’est parce qu’on veut le faire “

 

Inès : Je vois ce que tu veux dire.

Mona : Donc, si je suis en train de voyager seule et que j’aime ça… c’est pas parce que quelqu’un m’a dit “viens voyager avec moi, tu vas aimer ça… non, non” Je le décide, j’aime ça et je continue.

Inès : Est-ce que tu penses que tu recherchais la liberté en voyageant seule et de cette façon ?

Mona : Absolument. Mais je l’avais aussi chez moi la liberté.

Inès : Tu l’avais déjà chez toi ? D’accord.

Mona : Oui. Je ne me suis jamais mariée. J’ai jamais eu d’enfants. Maintenant, je vis avec Bernard, ça va faire 23 ans en février.

Inès : D’ailleurs, Bernard n’est pas très loin. (rires) Il est à quelques mètres.

Mona : Oui, c’est mon record de tous les temps Bernard – avant j’ai eu d’autres relations mais la plus longue durée ça a été pendant 4 ans. Et c’était toujours la même raison pour laquelle la relation se terminait : un sentiment d’étouffement. L’autre voulait me contrôler, m’étouffer, me dire quoi faire etc.

Inès : Mais aussi le désir de se poser quelque part pour la personne avec qui tu étais ?

Mona : Oui. J’ai fait quelques voyages avec ceux avec qui j’étais mais c’était complètement autre chose évidemment.

 

Petit bain de foule au Vietnam. Le pays venait tout juste d’ouvrir ses portes aux voyageurs indépendants

 

Est-ce qu’il y a un endroit précis que tu considères comme ton havre de paix lors de tes précédents périples en solo ?

Mona : Oulà, ça c’est une question difficile. J’y ai déjà réfléchi en plus…

J’aime bien l’Himalaya, le Népal, dans le nord de l’Inde. A chaque fois, oui, j’ai toujours ressenti le calme des montagnes et là-bas évidemment ce sont des populations bouddhistes. C’est très calme et zen tout ça. 

Inès : Même au niveau de l’altitude, c’est totalement différent. Tu te sens dans un autre monde. 

Mona : Tout à fait, c’est un endroit que j’aime beaucoup.

Inès : En haut de l’Himalaya. (rires)

Mona : Je n’ai jamais gravi l’Everest. Je ne suis pas une alpiniste. Mais j’aime le contexte des villes comme Leh au Ladakh ou Manali en Himachal Pradesh en Inde.

Inès : Oui, ça a quelque chose de plaisant et calme.

Mona : Le Sikkim. J’aime beaucoup la randonnée en montagne. J’ai fait aussi du trek moins impressionnant que l’Himalaya, notamment dans les Rocheuses canadiennes et dans des montagnes encore plus petites. J’aime bien la montagne et la forêt.

 

Mona sur les routes de l’Inde

Tu as voyagé plusieurs fois en Inde, au Sikkim ?

Mona : Je suis allée 5 fois en Inde.

Inès : Wow, 5 fois.

Mona : Oui, et la première fois c’était un aperçu en rentrant du Népal. Parce qu’il y avait eu un problème de visa et on a été obligé de rester 24 heures en Inde, alors ça compte à peine. J’étais avec des copains.

Inès : C’était où en Inde ?

Mona : A Delhi.

Inès : C’est pas la ville la plus facile en plus.

Mona : Non, mais on était là pour la journée et on a décidé de louer une voiture et d’aller direction le Taj Mahal à Agra. Tout le long de la route, on voyait des trucs absolument pas possible : des gens se baladaient à dos d’éléphants et d’autres de dromadaires. C’était n’importe quoi !

Inès : Oui, un autre monde. Est-ce que le Taj Mahal t’a impressionné ?

Mona : Moui… C’est une très belle structure.

Inès : J’ai eu beaucoup de retours de voyageurs qui avaient adoré voir le Taj Mahal et même certains avec la larme à l’œil.

Mona : Ah non, moi pas du tout. J’ai trouvé ça très beau mais une montagne me donnera plus facilement la larme à l’oeil. C’est sûr que c’est impressionnant. C’est comme le Mont Saint-Michel. Ce sont des structures humaines mais qui ont une histoire mythique, etc.

Mais j’ai aimé être dans le contexte indien avec n’importe quoi qui se passait tout autour de moi. Des trucs complètement saugrenus et fous. Et là je me suis dis, il faut que je revienne. Par la suite, j’y suis retournée 4 fois dont 2 fois seule. Et 2 fois avec Bernard.

Inès : Ah, deux fois seule c’est intéressant. Car même maintenant on déconseille de partir voyager seule en Inde en tant que femme.

Mona : Absolument et je ne vois pas pourquoi ! C’est un pays que je trouve extrêmement sécuritaire ne serait – ce parce que les hindous croient au karma. Les bouddhistes aussi d’ailleurs. Si on croit au karma : il y a un paquet de trucs qu’on fera pas.

Et je ne me gêne pas pour le leur rappeler à l’occasion. Si je vais prendre un taxi ou que je veux acheter quelque chose et je sens que la personne avec qui je fais affaire n’est pas tout à fait honnête… Je ne me gêne pas et je leur dis “Bad Karma” – très mauvais karma.

Inès : Tu utilises aussi ton intuition.

 

>>> Lire mon article sur l’intuition

 

Mona : Là, ils se mettent à rigoler et le prix baisse. C’est fou. Mais, il m’est arrivé des trucs en Inde. J’ai perdu beaucoup de choses en Inde. J’ai perdu un porte monnaie, une paire de pantalons que j’avais mis à sécher sur une corde à linge qui s’est fait emporter (par le vent). J’ai perdu un paquet de trucs. Et quand j’y suis retournée avec Bernard, le bagagiste avait perdu nos bagages.

Et j’ai tout retrouvé !!

Inès : Non…

Mona : Oui, même mon porte monnaie avec mon argent dedans.

Inès : Oui, mais tu as retrouvé un autre porte monnaie depuis le temps…

Mona : Non, c’était le même porte monnaie. LE porte monnaie le même jour. J’étais rentrée dans une boutique pour regarder des saris, des trucs… J’avais mis mon porte monnaie sur le comptoir. J’avais essayé des saris, etc. Et j’avais enterré mon porte monnaie sous les vêtements. Et je suis partie.

Et c’est 30 minutes plus tard que je me suis rendue compte que je n’avais plus mon porte monnaie. J’ai retracé tous les endroits où je m’étais arrêté pendant la dernière demi- heure, entre autres, le marchand de saris. Il m’a dit : 

 

“ Non, non, on a rien retrouvé “

 

Je suis repartie et c’est deux jours plus tard. Pardon, c’est vrai. Deux jours… Je viens d’avoir un flash. Le marchand me voit quelque part dans le marché de la ville.

Inès : C’était où ? 

Mona : A Misor.

Inès : Dans le nord ou le sud de l’Inde ?

Mona : C’est plus vers le sud de Misor… Bref, il me voit. Et il me dit :

 

“Attends j’ai ton porte monnaie ! ”

 

Et là, il m’a expliqué qu’il n’avait rien trouvé car il n’avait pas replié les saris et les foulards. Il n’avait pas encore retrouvé le porte monnaie. 

Lorsqu’il a tout remplacé, il l’a finalement retrouvé mais il n’avait pas d’adresse ou d’hôtels pour me contacter. 

Inès : Il n’y avait pas de comptes Facebook à l’époque. (rires)

Mona : Il n’y avait rien et c’est en me voyant qu’il m’a reconnu. Extrêmement honnête. J’ai voulu lui donner de l’argent et il n’a pas voulu. Je l’ai remercié en retournant dans son commerce et tous les cadeaux que je voulais offrir à mes amis (saris, foulards etc.) je les ai tous achetés là.

Inès : Ah, tu as eu un bon karma avec ce monsieur. Quelle honnêteté. Ça va à l’encontre de ce qu’on entend tous les jours sur l’Inde. 

Mona : Je ne me suis jamais fait piquer des trucs en Inde contrairement à certains pays d’Amérique latine.

 

1988, Taj Mahal – Inde

 

Est-ce que tu penses que c’est ton attitude qui a joué ? Etais-tu très ouverte avec eux et dans une bonne énergie ? 

Ou bien tout le monde pourrait vivre cette expérience là ?

Mona : Ah bah là, je ne suis pas en mesure de te le dire. Ça peut arriver qu’on puisse aussi te piquer des trucs en Inde. D’ailleurs j’ai rencontré des gens en Inde à qui ils étaient arrivés des trucs pas sympas. 

Une américaine entre autres qui avait gobé une histoire qu’on raconte aux étrangers à propos des pierres précieuses : 

 

 “Je suis orphelin, j’ai réussi dans la vie et aujourd’hui je vends des pierres précieuses. j’ai des contacts un peu partout… Si tu veux m’aider tous les deux, on va faire de l’argent. Et moi cet argent, je le redistribue aux orphelinats en Inde.”

 

Alors, là, on sort les violons et les mouchoirs. Mais cette Américaine avait la cinquantaine et c’était son premier voyage à l’étranger. 

Moi, je ne recommanderai jamais de faire son premier voyage en Inde. 

 

>>> En savoir plus : 6 destinations pour te lancer dans un premier voyage en solo.

 

Inès : Oui, tu n’es pas la première personne à me dire ça.

Mona : Non, il faut avoir une certaine expérience pour y voyager surtout si on voyage seule.

Inès : Peut-être commencer d’abord par la Thaïlande et ensuite se diriger vers l’Inde.

Mona : Oui, la Thaïlande, c’est la meilleure porte d’entrée pour l’Asie je crois. Parce que c’est bien, c’est formidable.

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Inès : Ou la Malaisie…

Mona : Perso, je préfère la Thaïlande. Leur façon d’être, les bouddhistes. Tout est bien en Thaïlande. Et la nourriture aussi. J’aime bien ce pays. Alors quand on a commencé à voyager avec Bernard, il ne voulait pas du tout aller en Inde. Il n’était pas prêt. Et on a commencé justement par la Thaïlande, le Laos, le Vietnam et le Cambodge.

Inès : C’est un beau voyage.

Mona : Oui, et on en a fait d’autres ailleurs qu’en Asie.

Inès : C’était où ?

Mona : On a fait le proche Orient, on a fait la Grèce, la Turquie, la Syrie juste avant la guerre, le Liban, le nord de la Jordanie / Israël. Le tout premier voyage un peu plus exotique qu’on avait fait ensemble c’était l’Egypte, le sud de la Jordanie donc Petra et ensuite Jérusalem. Après un bout de temps, on avait pas mal roulé notre bosse ensemble. Je lui ai dit : 

“Maintenant… Tu es prêt pour l’Inde mais le sud du pays qui est beaucoup plus relax”

 

Oui, c’est ce que j’allais te demander. Dans les 4 fois où tu es allé en Inde… Où es-tu allé ? Dans le sud et dans le nord ?

Mona : Je me suis pas mal promenée : nord, sud, est, ouest.

Inès : Es-tu allé au Ladakh ?

Mona : Oui, avec Bernard. Ce voyage là c’est notre avant dernier voyage en Inde. Attends, on y est allé 3 fois avec Bernard. La première fois, c’était 24 heures, ça compte à peine mais je l’inclus quand même.

Inès : Je crois comprendre que ce voyage t’a donné un déclic pour voyager par la suite.

Mona : J’y suis ensuite allée 4 mois seule puis 3 fois avec Bernard. Le second voyage nous sommes allés au Cachemire où le gouvernement canadien nous a dit de ne pas y aller. Parce qu’il y a eu des escarmouches. Des morts. Ils sont constamment en guerre avec le Pakistan.

Inès : Ils sont très alarmistes le gouvernement canadien. J’avais regardé plusieurs fois – c’est encore pire que l’ambassade de France !

Mona : C’est ça – n’allez nulle part et visitez le Canada.

Inès : Même la France est marquée rouge (considérée comme dangereuse pour les voyageurs au Canada)

Mona : Mais on est quand même allé au Cachemire et ça a été une expérience extraordinaire. 

Inès : Je crois que tu as été chanceuse dans tes voyages aussi.

Mona : Oui je pense que j’ai une très bonne étoile. Et heureusement !

Inès : Et tu y crois aussi. 

Mona : Oui on en avait déjà parlé ensemble mais… Je l’écoute. Dès que j’ai les poils qui se dressent sur les bras. J’attends pas de pouvoir vérifier si j’ai raison ou non. Je m’en vais. Je disparais.

Inès : Oui, c’est ce qu’on appelle : écouter son intuition

Mona : Tout à fait.

Inès : Tu recommanderais donc aux personnes qui veulent voyager seule de s’écouter.

Mona : Mon dieu oui. 

Inès : Si par exemple, elles sont dans une soirée et qu’elles rencontrent une personne qui paraît suspecte. On ressent tout le temps des émotions et on s’écoute.

Mona : Et toutes les personnes que j’ai rencontrées à qui il est arrivé des malheurs… par exemple il y a une américaine qui avait acheté des pierres précieuses et qui s’est fait rouler dans la farine. 

Elle a perdu 5000$. J’essayais de la raisonner… elle partait en plus voyager longtemps. Je lui ai dit “tu sais… si tu continues à ce rythme là…”

Elle m’avait demandé de l’aider à apprendre à voyager. Elle n’avait jamais voyagé.

Pourquoi croire en tes rêves te mènera loin / Dev Perso

Inès : Et elle a commencé par l’Inde.

Mona : Elle a commencé par l’Inde parce qu’elle accompagnait un groupe de Soufistes (mystiques musulmans). C’est un mouvement musulman et une démarche spirituelle.

Inès : Un peu extrémiste ?

Mona : Pas dans le sens où on l’entend maintenant mais dans le sens spirituel. Un peu perchée disons.. et elle avait accompagné ce groupe pendant 15 jours puis elle prévoyait ensuite de voyager seule. Et ensuite ça a commencé à dégringoler. Elle a connu ce gars qui voulait lui vendre des pierres précieuses. 

On s’est connu à Khâjouraho, là où il y a des temples érotiques.

Elle m’a demandé de l’aider et de l’éduquer pour voyager.

Et puis, elle a reçu un télégramme. Elle a appris que le gars qui voulait lui vendre les pierres précieuses arrivait. Je lui ai dis :

 

“ Bon, très bien. On va aller le rencontrer dès qu’il sort de l’autobus “ (rires)

 

Alors quand le type est descendu de l’autobus… c’est pas elle qui lui a parlé. C’est moi. 

Et il a vite plié bagage et il est parti.

Mais là j’ai dit à l’américaine : bon, est ce que si la même chose arrivait aux Etats Unis tu aiderais ce type ?

Et elle me dit : sans doute pas… mais elle ne voulait pas le vexer et avait le sentiment qu’elle n’était pas chez elle. C’est la réaction de beaucoup de personne “ je veux pas être impoli “

Inès : Ne pas s’affirmer quoi.

Mona : C’est ça. Et donc on a quand même fait un bout de chemin ensemble. Elle ne me lâchait plus là… On s’est rendu à Bénarès. La ville la plus sacrée de l’Inde.

Inès : Et la plus perturbante aussi.

Mona : Oui. Et quand on est arrivé, il y avait un anniversaire de mariage de Shiiva ou je ne sais plus quelle fête… en tout cas : tout était bloqué. Il y avait des gens partout. C’était incroyable ! J’ai dit à l’américaine : 

 

“Écoute tu n’es pas prête pour Bénarès. Il y a Sarnat qui est à 10 km au nord de Bénarès avec un grand temple bouddhiste…” (c’est à Sarnat que le bouddha Siddhartha a vécu sa première illumination). Je lui ai dit “ Va là, perd toi et cache toi là, chez les bouddhistes “

 

Inès : Ah oui, parce que Bénarès, c’est chez les hindous c’est ça.

Mona : C’est la ville la plus sacrée au bord du Gange. Quand on voit des photos de gens qui font leurs ablutions dans le Gange : c’est Bénarès.

Inès : Et comment as-tu trouvé justement Bénarès ?

Mona : Fascinant. La première fois que j’y suis allée, je suis restée 3 semaines.

Inès : Ah oui…

Mona : Je pouvais plus m’arracher de là. Il y avait les crémations et tous les ghats crématoires dont le plus célèbre : le Manikarnika Ghat où j’ai compté un soir. Il y avait 14 bûchers en même temps selon des rites qui existaient depuis des milliers d’années. Il n’y avait pas d’anachronisme. 

 

1992, Varanasi, Fête de Holi – Inde

 

Inès : Wow fascinant.

Mona : Ceci dit j’y suis retournée 4 ans après avec Bernard. Après notre trek au Népal.

Inès : Il était prêt pour Bénarès.

Mona : Oui, il a bien aimé. Il aime d’ailleurs beaucoup l’Inde.

Inès : Mais il y a quelque chose qu’il faut dire… c’est que Bernard ne peut pas manger la nourriture indienne.

Mona : Maintenant, oui. Le premier voyage, il a mangé des sandwichs au fromage pendant 2 mois. Il ne pouvait pas supporter les épices. Maintenant, il prend un médicament et il aime manger les épices – il en redemande.

Et vous n’êtes jamais malade quand vous voyagez en Inde ?

Mona : C’est rare. Et quand on est malade, c’est très passager et c’est normal. Le genre d’indisposition que j’ai eu en Inde. Le virus ou la bactérie pendant 24 heures…

La tourista… j’en ai eu des biens pires au Pérou. Pour moi, c’est normal. Ceci dit, je ne bois pas l’eau du Gange. Je ne vais pas me baigner dans le Gange. J’ai vu des étrangers le faire. Il y a des étrangers qui arrivent en Inde. Je ne sais pas si c’est une révélation pour eux… mais ils deviennent plus hindous que les hindous !

Inès : On appelle ça syndrome de l’Inde, je crois. Il y a des personnes qui pleurent, ou sont émerveillées… D’autres qui vrillent un peu…

Mona : Oui, même beaucoup ! On les voit marcher dans la rue. Alors, pour les hommes c’est le doti (le vêtement que portent les indiens) un peu comme une culotte courte ou une grosse couche. 

On voit ça aussi à Jérusalem – on appelle ça aussi le syndrome de Jérusalem. Ils sont frappés par la Foi et erre dans les rues de la ville en se prenant pour Jésus Christ ou un de ses disciples. Mais en Inde ça arrive souvent parce qu’il y a des ashrams et les occidentaux vont dedans (et je ne sais pas ce qui se passe !)

J’avais remarqué aussi ça dans le Sikkim. La capitale c’est Gangtok. Et à Ramtek qui est la deuxième plus grande université bouddhiste après Lhassa au Tibet. Un monastère. Et je suis allée là-bas. J’étais là la seule étrangère qui n’était pas bouddhiste. Tous les autres étrangers – une vingtaine – étaient tous bouddhistes et de toutes nationalités : français, américains, etc. Ils venaient pour prier, psalmodier. 

Et moi, j’allais faire de la randonnée. Mais l’après midi, j’allais m’asseoir derrière le temple et j’écoutais les moines psalmodiées. 

Il y a avait toujours un étranger qui en faisait plus. Par exemple, il y en a un qui rampait à 4 pattes. Ce qui faisait bien rigoler les petits moines. Ils commencent très jeunes.

Inès : Un peu comme au Laos.

Mona : Oui, partout. Ils les forment très jeunes mais ils ne restent pas tous moine. C’est une école. Ils apprennent à lire et à écrire. 

Inès : Très intéressant ton parcours en Inde… donc après tous tes voyages autour du monde, quel est le continent que tu aimes par-dessus tout ?

Mona : Oh, la réponse est claire : l’Asie. D’ailleurs, on y est en ce moment, au Laos…

Inès : Oui, on le rappelle. À Luang Prabang qui est une très belle ville.

Mona Leblanc : interview et parcours de vie d'une aventurière
Mona & Bernard lors de notre rencontre au Laos en 2023

 

Fin de la première partie de l’interview. Rendez-vous sur la deuxième partie de l’article pour connaître la suite des aventures de Mona  au Chili, en Amérique Latine. Elle te donne aussi son avis sur le voyage en solo et des conseils très utiles pour te lancer. Merci à Mona de s’être prêtée à l’interview et de m’avoir consacré ce temps précieux pendant notre rencontre au Laos.

Je t’invite à lire/écouter les interviews de Julien, nouvelle vie au Portugal ou encore Eugénie, tour d’Asie en solo, si tu aimes ce format d’article.

 

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Cet article a 3 commentaires

  1. trumel

    Excellent article sur Mona, passionnant ,et très intéressant, une belle personne, vivement la deuxième partie .

    1. Ineys

      Yes, merci d’avoir lu l’histoire de Mona l’aventurière – c’est très inspirant son parcours de vie 🙂